Grève des magistrats : Le Synamag durcit le ton

Au terme de l’assemblée générale qui s’est tenu ce lundi 12 décembre à la salle d’apparat du palais de justice de Libreville, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a décidé à l’unanimité de ses membres de poursuivre son mouvement grève, et cette fois ci ils ont indiqué qu’il se mue désormais en grève générale illimité.

A l’entame de cette rencontre, le 1er vice-président du Synamag, Justin Loundou  a fait le point sur les échanges qu’ils ont eu avec le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Alexis Boutamba Mbina.

De ce qui ressort, sur l’ensemble des points inscrits au cahier de charge, seul la question des costumes d’audience a connus une légère avancée, avec signature d’une convention avec une entreprise coréenne pour la livraison prochaine de 430 toges, le seul bémol est que ces derniers devraient être partagés entre les magistrats et les greffiers.

Concernant le paiement de la prime d’incitation à la performance (PIP), Justin Loundou a regretté la position adoptée par le ministre, « il sera difficile de payer avant la Coupe d’Afrique des nations, pour le gouvernement la priorité c’est l’organisation de cette compétition, voilà les propos du ministre » a-t-il révélé devant les magistrats, littéralement ahuris devant des propos aussi scandaleux.

Un des points également abordés au cours de cette assemblée générale a été la mise au point des bâtiments devant abriter les tribunaux administratifs de Port-Gentil et Franceville, il est a relevé que « pour Franceville c’est l’ancienne mairie, occupé actuellement par des commerçants qui a été choisis pour abriter cette juridiction », de ce fait le Synamag a sollicité « des véritables actes d’engagements, convention signée entre l’entreprise et le ministère du Budget, avec  la date de début d’exécution effective des travaux ».

En outre le président du Synamag, Germain Nguema Ella a profité de cette occasion pour dénoncer les pressions dont ils font l’objet et les sabotages orchestré par le premier président de la Cour d’appel de Libreville, « la cour a quasiment boycotté le mouvement, en accusant les membres du bureau  d’avoir violé la loi… madame le président avait décidé de tenir les audiences publiques et a boycotté ce mouvement » a-t-il indiqué. Il a poursuivi en révélant qu’ « elle nous a adressé une correspondance dans laquelle elle nous a pratiquement insulté ». Des révélations qui ont suscité des réprobations des membres présents dans la salle.

Par ailleurs, Germain Nguema Ella a évoqué également l’échange qu’ils ont eu avec le premier président et le procureur général de la Cour de Cassation, « il a souhaité que nous décalions notre grève, estimant que le climat politique n’était pas propice, un amalgame peut être fait… il a fait part que le mouvement ne doit pas s’apparenter à une grève politique » a-t-il évoqué en substance.  

Au vue de tous ces éléments l’assemblée générale a décidé à la majorité absolue de reconduire le mouvement, et cela de manière illimitée avec l’observation d’un service minimum plus restreint, « nous avons délimité le champ d’action de ce service minimum…nous allons échanger avec le premier président de la Cour d’appel, et avec également le président du tribunal pour que nous nous entendions sur le canevas de ce service minimum. Dans tous les cas, les usagers, pour ceux qui seront concernés par ce champ de compétence pourront toujours venir au palais de justice » a conclu Justin Loundou.

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