Grève à Total Gabon: le mutisme suspect du groupe Total

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Avec l’entrée en grève le 9 juillet dernier des employés de la filiale gabonaise du groupe Total, la crise qui règne au sein de cette entreprise semble être à son comble. Malgré plusieurs tentatives de conciliation de la part l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) et du ministère du Travail, les responsables du groupe demeurent insensibles aux revendications de leurs agents. Une situation qui s’expliquerait, selon le secrétaire général de l’Onep, par la liquidation de la filiale gabonaise, par la direction générale de Total, qui ne représenterait que 1% de son chiffre d’affaires.

En effet, dans un entretien téléphonique accordé à nos confrères de l’AGP, Sylvain Mayabi Binet, secrétaire général de l’Onep révèle qu’ «avant le lancement de la grève, nous avons saisi les dirigeants du groupe Total, à qui nous avons adressé plusieurs courriers». Sans surprise, le français a choisi la même voie que sa filiale gabonaise celle du mutisme, «restant ainsi indifférents aux demandes des employés gabonais, dont elle voudrait se désengager», a-t-il poursuivi.  

Une réaction qui n’encourage pas Total Gabon à se plier aux revendications de ses travailleurs. Bien au contraire, elle pourrait être une des raisons pour lesquelles «la direction générale de Total Gabon joue au bandit», s’est insurgé Sylvain Mayabi Binet. En effet, les responsables ont appelé le syndicat à poursuivre les discussions pour une seule raison, «discuter uniquement du service minimum», non des demandes de ses salariés pourtant légales. À ce sujet, elle reste catégorique, elle ne veut rien entendre.

Pour autant, l’Onep ne se laisse pas aller au découragement. Si elle menace de durcir son mouvement, à l’issue des deux semaines de grève, dans la mesure où rien n’aurait été fait jusque-là, elle espère tout de même «attirer  l’attention du gouvernement et de l’employeur sur les conséquences encourues», a-t-il conclu.

Pour rappel, les employés de Total Gabon revendiquent l’amélioration de leurs conditions de vie, notamment pour ce qui est du versement de l’indemnité d’incitation, le plan de départ négocié, l’évolution de carrière et la réduction du taux d’employés expatriés entre autres.

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