Grève à répétition au CGC: Liliane Ngari s’explique

Liliane Nadège Ngari épouse Onanga Y’obegue, DG du CGC © D.R

Confrontée à un mouvement d’humeur de ses employés depuis le lundi 19 février dernier, consécutif au non paiement de la totalité des arriérés de salaires du mois de janvier 2018, la direction générale du Conseil gabonais des chargeurs (CGC) tente de conjurer depuis plusieurs semaines cette situation qui n’a que trop durée. Une conjoncture qui a emmené son directeur général, Liliane Nadège Ngari épouse Onanga Y’obegue a éclairé l’opinion sur les difficultés que traversent cette entité.

En effet, cet établissement qui vit essentiellement des commissions perçues sur le droit de trafic maritimes, des frais de Bordereaux d’identification électronique de traçabilité des cargaisons (BIETC) et des cotisations des chargeurs, est secoué depuis des mois par une vague de grèves de certains de ses agents. Des discussions sont pourtant menées dans le but de trouver des solutions pérennes à cette situation qui n’arrange nullement chacune des parties mais les mouvements d’humeur persistent.

Il faut rappeler que le CGG, dirigée par Liliane Nadège Ngari est confrontée à des difficultés financières qui ont une incidence sur le fonctionnement de l’établissement. Ces difficultés sont consécutives notamment à la crise économique et financière que traverse le pays, qui a un impact réel sur l’entité, mais aussi par «la volonté délibérée des transporteurs maritimes des minerais et des hydrocarbures de ne pas respecter l’article 10 de l’ordonnance n°009/PR/2014 relative à l’encadrement du trafic généré par le commerce intérieur et extérieur en République gabonaise», précise-t-elle.

Autres facteurs ayant un impact sur la santé financière de l’établissement, la réduction du trafic de fret maritime de l’ordre de 37% en 2017, qui a eu pour conséquence la réduction de ses recettes budgétaires, puisque ne bénéficiant pas d’une subvention de l’Etat. On peut également citer la réduction de commission perçue auprès des armateurs sur le droit de trafic maritime, mais aussi le manque de coopération de certains opérateurs à s’acquitter de cette commission, c’est le cas de SAGA Gabon du groupe Bolloré transport et logistique ou même de l’entreprise minéralier Comilog.

Par ailleurs, des éléments tels que la mise en oeuvre d’une nouvelle grille de salaire, décidé pourtant de commun accord avec les deux organisations syndicales du Conseil gabonais des chargeurs, notamment, le Synatra CGC et le SYNA CGC, a contribué à dégrader durablement le fonctionnement  de cette structure. «L’application de cette nouvelle grille salariale impacte négativement sur la masse salariale qui s’élève désormais à 4 368 196 748 Fcfa sur un budget exécuté en 2017, en recette et en dépense de 5 094 261 585 Fcfa, soit un ratio masse salariale/ budget de 85%», fait remarquer la  directrice générale.

Ainsi, le CGC qui compte 251 employés est confronté à des charges salariales qui ne sont pas susceptibles d’être totalement endossés par ses recettes propres. En outre, il faut noter que sur l’ensemble des agents, seul 20 sont manifestement en grève, tandis que les autres restent mobilisés à l’accomplissement de leur tâches.

«Le gouvernement a décidé de commettre une mission du Comité de privatisation au CGC. Cette mission consiste à faire un full audit sur le plan organisationnel, juridique, comptable et financier. Elle devrait déboucher sur des propositions efficace de restructuration, afin de rétablir un équilibre financier entre les charges et les recettes, et ramener in fine la paix sociale au sein de l’établissement», a souligné Liliane Ngari.

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