Grève à la magistrature : La paralysie des Cours et tribunaux se poursuit

Une vue de la salle des pas perdus du Palais de Justice de Libreville © GMT

Lancée le mercredi 17 Mai dernier par le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), la grève générale illimitée qui secoue actuellement les cours et tribunaux parlyse l’appareil judiciaire. Aucune audience publique n’a eu lieu au palais de justice de Libreville depuis le lancement de la grève.  

Bientôt trois semaines que les magistrats du Gabon sont en grève. Et depuis lors, ils ont multipliés les piquets. D’abord, après leur déclaration de presse, les magistrats grévistes ont fait irruption dans une des salles du palais de Justice, dans laquelle se tenait une audience correctionnelle, le président de séance avait été sommé d’arrêter son office. L’audience interrompue avait été renvoyée sine die.

S’en est suivie, le 18 mai, la descente au bâtiment abritant les services du ministère de l’Egalité des chances (anciennement occupé par le Tribunal spécial et la Cour d’appel spéciale chargé des crimes financiers et de sangs, illégalement créés par Ali Bongo Ondimba par ordonnance en le 11 août 2015), situé à Batterie IV, dans le premier arrondissement de Libreville. les magistrats revendiquent ces locaux devant abriter le tribunal administratif et la Cour d’appel administrative de Libreville.

L’irruption des magistrats s’était faite en scandant «Libérez le bâtiment, libérez le bâtiment sans délai», que les magistrats grévistes ont pris d’assaut le bâtiment abritant les services du ministère de l’Egalité des chances, pour pousser ces derniers à libérer les locaux. Stanislas Koumba, secrétaire général du Synamag, rappelait à cet effet que le parvis du bâtiment qu’il a été attribué au ministère de la Justice pour y loger ses services, notamment ses juridictions administratives, «la raison de notre présence ici, c’est le piquet de grève. Avec la reprise de la grève, il y a deux jours, le piquet est déporté à certains endroits qui sont les sites destinés au ministère de la Justice ou dans les juridictions. Ce bâtiment est affecté au ministre de la Justice. Ce bâtiment doit abriter les juridictions administratives, notamment la Cour d’appel administrative et le tribunal administratif», déclarait-il.

Le mardi 23 mai dernier, un groupe de magistrats grévistes membres du syndicat national des magistrats du Gabon s’était rendu au Conseil d’Etat, là aussi pour une opération coup de poing, devant la plus haute juridiction de l’ordre administratif.

Le mardi 30 mai, les membres du Synamag seront à la Cour des comptes, «dans la logique de leur chronogramme d’actions qui consiste à faire des sit-in dans chaque juridiction et chaque lieu relié à la magistrature pour dénoncer la non réalisation de tous les points qui nous ont conduit à la grève. Et pour interpeller le président de la Cour (Ndrl : Gilbert Ngoulakia) sur l’inaction de façon générale des chefs de cours quant à la résolution des maux qui minent la magistrature au Gabon», confiait Justin Loundou, vice-Président du syndicat des magistrats.

Le premier juin dernier, en sit-in devant le tribunal administratif de Libreville, les magistrats réunis autour du Synamag ont réitéré leur détermination à ne fléchir que si le gouvernement satisfait la totalité de leurs revendications.

Pour rappel, le Synamag revendique du gouvernement qu’il dote les tribunaux administratif de Franceville et Port-gentil, créés depuis plus de trois ans et dans lesquels, les magistrats ont été affectés, de bâtiment pouvant les abriter,  que la Cour d’appel administrative de Libreville et le tribunal administratif de Libreville soient dotés d’un bâtiment pouvant aussi les abriter, qu’il régularise la situation des de magistrats qui ont été affectés dans des juridictions qui ne relèvent pas de leur spécialité en violation flagrante de la loi, qu’il rende applicable sans condition le décret n°404 aux magistrats hors hiérarchie; doter tous les magistrats nouvellement promus à la Cour d’appel ainsi qu’au nouveaux magistrats de toges conforme à leur grade et à leur degré de juridiction telle que l’impose la loi et qu’il procède à la liquidation de la prime d’incitation à la performance du premier trimestre 2014.

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