Grève à Addax: Carmen Ndaot essuie un échec

Carmen Ndaot, ministre du Travail © D.R

La crise qui oppose depuis plusieurs semaines l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), à la direction de la société Addax Petroleum, est loin de connaître son dénouement. Le vendredi 20 avril dernier, dans le cadre d’une médiation, la ministre du Travail Carmen Ndaot, a convié à son cabinet, les deux parties. L’initiative s’est soldée par un échec cuisant de la ministre. Pour cause, l’ordre du jour n’était pas compatible à celui des employés.

Carmen Ndaot, a essayé le vendredi 20 avril, de ramener la sérénité dans la maison Addax Petroleum Oil & Gas, en invitant à la même table les deux parties. Mais elle a échoué. Dans un entretien accordé à Gabon Média Time, l’ONEP impute l’échec des négociations à la ministre du Travail. Selon l’ONEP, Carmen Ndaot n’a pas voulu considérer le préavis de grève déposé le 16 avril dernier, qui court jusqu’au 23 avril, au lieu de celui du 26 mars déjà obsolète.

C’est donc ce déphasage de point de vue qui aura été le facteur principal de cette bérézina. «Nous leur avons dit que nous ne nous sentons pas concernés par toute discussion ne portant pas sur notre préavis du 16 avril 2018 qui court jusqu’au 23 avril», a indiqué Sylvain Mayabi Binet, secrétaire général de l’ONEP. Avant d’ajouter, «la Ministre n’a pas voulu considérer notre nouveau préavis. Elle est restée dans le formalisme d’une médiation consécutive au premier préavis, qui pour nous, n’est plus d’actualité».

Un camouflet qui trouvera également une autre de ces sources dans la non-satisfaction d’un point phare des employés affiliés à l’ONEP. Il s’agit, de la présence d’un représentant du groupe Sinopec, venant de Beijing, ayant un pouvoir décisionnel sur l’ensemble des points contenus dans le cahier de charges. Sur ce point, qui a le mérite de désamorcer la crise, le directoire de la société représenté par son directeur général, Thierry Normand, a indiqué qu’il a reçu mandat du groupe Sinopec pour le représenter et entamer les négociations avec les employés.

Fort de cet échec, l’ONEP a prévenu de l’éventualité d’une nouvelle grève. La direction quant à elle, a indiqué qu’elle restait ouverte aux discussions, ce qu’a d’ailleurs encouragé la ministre du Travail. «Nous avons renvoyé les parties à poursuivre les discussions dans le cadre de leurs relations employeurs-employés» a confié Carmen Ndaot, rapporte le quotidien L’Union.