jeudi,26 novembre 2020
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Gratuité du transport des élèves: entre discrimination et non-respect des mesures barrières

Annoncée en fanfare par le ministre des Transports Léon Armel Bounda Balonzi, la gratuité des transports pour les élèves de terminale présente un danger certain vis-à-vis des apprenants et leurs familles. Et pour cause, le nonrespect de la distanciations sociale  mêlé à l’absence d’équipements de protection dans les bus transforment cette mesure en foyer de contaminations. 

Moins d’une semaine après avoir mis des bus de transport gratuits à la disposition des élèves de classes de terminale, certaines disparités flagrantes sont à relever. En effet, si le gouvernement, par l’entremise de son ministre des Transports, voulait faciliter les déplacements des candidats au baccalauréat, il a surtout mis en relief les écarts apparents entre le discours et l’action. 

On est loin des belles annonces faites par le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, Patrick Mouguiama Daouda et son collègue Léon Armel Bounda Balonzi. Dans la pratique, les élèves embarqués dans les bus occupent toutes les places assises foulant aux pieds les gestes barrières notamment la distanciation sociale et par ricochet le protocole sanitaire annoncé par les membres du gouvernement. À cela s’ajoute l’absence des gels hydroalcooliques dans certains bus de transport

Une situation banalisée par la tutelle. Pourtant, ces élèves exposés à une contamination évidente pourraient vite devenir des vecteurs de propagation de la covid-19. Et ce, non seulement au sein des établissements mais aussi de leurs familles. Aussi, cette mesure initialement bien pensée masque une autre réalité relative à l’inégal accès à ces moyens de transports déployés entre les élèves des grandes villes et ceux des régions retirées. 

À Bikele par exemple, plusieurs élèves se disent marginalisés et laissés pour compte par l’Etat. Et pour cause, ils doivent chaque matin parcourir des kilomètres pour rallier leurs établissements. « Je suis élève de terminale au Lycée public de Bikele. Malheureusement les moyens de transport tant vantés par le gouvernement n’existent pas parce que notre lycée est loin de la route. […] Nous marchons tous les matins sur 3 km. Nous sommes marginalisés », a-t-il indiqué à Gabon Media Time. 

Comment comprendre une telle discrimination alors que tous les candidats à l’obtention de ce précieux sésame ont été perturbés par la suspension de cours due à l’épidémie de coronavirus? Existe-il une hiérarchie de candidats qui feraient de certains des privilégiés et d’autres des délaissés ?

Autant d’interrogations qui taraudent les esprits des parents d’élèves dont les enfants sont abandonnés à leur propre sort. Espérons que le ministre des Transports rétablira les carences observées avant l’échéance fixée au 14 août prochain.

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