Grand Marché de Libreville: le deal Webcor-Ntoutoume Emane mis à nu ?

Ntoutoume Emane paraphant le contrat de construction et d'exploitation du Grand Marché de Libreville © D.R

L’arrestation le week-end écoulé d’Albert Ntoutoume Emane, fils de l’ancien édile de la commune de Libreville remet au goût du jour le contrat « léonin » entre la société Webcor et la Mairie de Libreville. Cette interpellation qui selon certaines sources rentre dans le cadre de l’opération anti-corruption Mamba, éclabousserait plusieurs personnalités dont des ministres et plus particulièrement l’ancien Premier ministre Jean François Ntoutoume Emane.  



Lancé en grande pompe en novembre 2013 par le ministre de la décentralisation  de l’époque, Jean François Ndongou, à l’initiative de l’ancien maire de Libreville, le Grand Marché de Libreville devait être érigé sur l’ancien site des Jardins de la Peyrie. Près de 6 ans après, cette affaire refait surface avec l’arrestation pour non-déferrement à quatre convocations du procureur de la République d’Albert Ntoutoume Emane à Oyem.  

Selon des sources judiciaires,  il est accusé de détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée et corruption active dans le cadre du projet de construction du Grand Marché de Libreville initié par son père, alors maire de la capitale. D’un coût de près de 27 milliards de  Fcfa, cet investissement sur fonds propres du groupe Webcor introduit à la mairie par Albert Ntoutoume Emane suscite des questionnements en ce qui concerne les avantages fiscaux-douaniers accordés à cette entreprise.

L’accord prévoyait entre autres, la construction et la gestion du Grand Marché de Libreville, mais chose des plus étranges, un bail emphytéotique sur les Jardins de la Peyrie pour 50 ans aurait été conclu entre les différentes parties. Les personnalités signataires de la convention auraient convenu d’accorder une exonération fiscale et douanière pour le même nombre d’années sans limitation de matière ni de quantité.

Selon certaines sources, ces personnalités seraient notamment Jean François Ntoutoume Emane, premier magistrat de la ville de Libreville à l’époque, Magloire Ngambia, à la tête du superministère de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire, maître Abel Mouloungui notaire, Philippe Beck, Anna Attalah, Feu Guido Santullo, Luc Oyoubi ministre de l’Economie au moment de la signature de la convention, qui a reconnu en commentaire sur un de nos articles avoir « simplement fait des propositions d’exonérations qui devaient par la suite être ratifiées par une loi votée par le Parlement et partant promulguée par le président de la République ».

D’autres personnalités telles qu’Alain Djoubi Ossamy récement condamné par la Cour criminelle spéciale, Eloi Nzondo, actuel gouverneur du Haut-Ogooué et ancien maire adjoint de Libreville à l’époque. Certaines d’entre elles sont moins connues, c’est le cas d’Alexis Nang, Alain Enie, N’na Mboma, Hans Fardy, Wissam Ners, Éric Ekomba, Gaëtan Mboza, Serge Bertrand Abessolo, Joseph Moundziegoue et bien d’autres.

Pour rappel, le Gabon a été condamné le 21 juin dernier à Paris devant la Chambre de commerce et de l’industrie à payer 65 milliards de Fcfa à Webcor détenteur du contrat de construction du Grand Marché de Libreville qui devait être géré par la société GML SA représentée par Anna attalah, avocate de feu Guido Santullo pour rupture abusive de contrat de construction dudit marché jamais sorti de terre. Toute chose qui aurait conduit les autorités judiciaires gabonaises à rouvrir ce dossier aux allures de deal entre la mairie de Libreville et la société Webcor.

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