Grand Marché de Libreville: de quels investissements parle Webcor ?

Le terrain vague sur le lequel Webcor Group a investi des « montants très significatifs couvrant l’intégralité des travaux » © D.R

Depuis le déclenchement de l’affaire du Grand Marché de Libreville dont les travaux avaient été confiés en 2012 à l’entreprise suisse Webcor, un flou artistique semble y régner autour. Après l’arrestation d’Albert Ntoutoume Emane puis sa relaxe et l’audition de l’ancien édile de Libreville Jean François Ntoutoume Emane à la Direction générale des Contre-ingérences et de la sécurité militaire communément appelée B2 de nombreuses questions demeurent non seulement sur les raisons exactes de la rupture du contrat, mais aussi sur les supposés investissements réalisés par l’entreprise.

En effet, de nombreux acteurs partie prenante de cette affaire n’ont pas encore été entendus et leur audition devrait permettre de lever le voile sur le fiasco qu’a connu ce projet qui devrait doter la capitale d’un espace commercial moderne.

Pour rappel, c’est le 16 novembre 2012 que l’Etat gabonais représenté par le ministre de l’Economie Luc Oyoubi, la mairie de Libreville qui était représentée par son premier magistrat Jean François Ntoutoume Emane et le patron de Webcor Philippe Beck, paraphaient la convention en lien avec les exonérations fiscalo-douanières accordées à l’entreprise pour la construction et l’exploitation du Grand Marché de Libreville.

En novembre 2013, les travaux étaient lancés en grande pompe par le ministre de la Décentralisation de l’époque, Jean François Ndongou, pour un financement estimé à 27 milliards de Fcfa. Selon l’hebdomadaire Moutouki de ce jeudi 13 septembre Webcor avait « lancé les premiers travaux liés à la préparation du plateau, notamment le débrayage et la clôture du site ». Sauf que durant deux ans les travaux se seraient limités à ces aspects quelque peu dérisoires.

Sans visa de conformité qui selon l’hebdomadaire devait être délivré par la présidence de la République, le maire de Libreville Rose Ossouka Raponda aurait pris la décision après concertation avec le ministre de l’Economie de l’époque Régis Immongault, de rompre unilatéralement le contrat signé avec Webcor. Il était question dès lors pour cette dernière de récupérer le coût des dépenses engagées, ce qui a abouti à la condamnation du Gabon à un dédommagement fixé à 65 milliards Fcfa.

Après cette condamnation, s’est donc ouvert l’episode judiciaire qui vient de débuter semble-t-il avec l’interrogatoire de plus de 5 heures de l’ancien premier ministre d’Omar Bongo Ondimba, Jean François Ntoutoume Emane.

Audelà de cet épisode, les choses sont toujours aussi floues et l’opinion se pose un certain nombre de questions. De quel investissement parle Webcor alors que sur le site rien n’est visible ? Quelles sont les raisons qui auraient poussé Rose Francine Ossouka Raponda à rompre ladite convention ? Ne faut-il pas également auditionner les autres acteurs ayant pris une part active dans ce dossier ? Nous y reviendrons. 

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