GOC :  suspicion de détournement après le lancement de l’auto-école «Go driving school»

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Le lancement des activités de l’auto-école «Go driving school», le 13 octobre dernier à Angondjé, dans la commune d’Akanda avec le soutien du groupe Gabon Oil Company (GOC) ne semble pas trouver l’assentiment de l’opinion. Certains y voient «une manipulation à des fins personnels des retombées de l’argent du pétrole», d’autres tel que le collectif des tenanciers d’auto-école, dénoncent une concurrence déloyale.

Cette école qui est le fruit d’un partenariat entre Gabon Oil Compagny et un collectif d’anciens et employés actuels du groupe pétrolier a été officiellement inaugurée en présence d’Arnauld Engandji et Pascal Houangni Ambouroue, respectivement Directeur général de la GOC et ministre du Pétrole et des hydrocarbures. Un mélange de genre qui a du mal à passer malgré le fait qu’au moment de l’inauguration, le patron de la société nationale des hydrocarbures, se targuait de «soutenir l’entrepreneuriat, conformément à la volonté des plus hautes autorités du pays».

L’initiative ne semble pas bien passer auprès «des plus hautes autorités du pays» vu que le billet «Makaya» du quotidien L’Union, journal pro-gouvernemental, interpelle aussi bien, le premier ministre que le président de la République sur cette intrusion dans un domaine d’activité hors de sa compétence. «Que vient donc faire Gabon Oil Company dans le business d’auto-école? Où a-t-il trouvé les fonds pour financer cette PME? La sécurité routière a-t-elle un lien avec l’exploitation pétrolière?»; se questionne Makaya, avant d’interpeller à demi-mot le premier ministre : «je ne sais pas, moi Makaya si Issoze comprend quelque chose à ce qui se passe là. Car, avec cette affaire de « Go driving school », j’ai l’impression que son ministre du Pétrole ne sait pas exactement quelle sont les missions à lui confiées et ce que ses patrons attendent de lui ou il s’est mêlé les pinceaux au point de ne rien piger de ses réelles attributions»; poursuit-il.

Pointant du doigt la présence du ministre des hydrocarbures à l’inauguration de cette auto-école, il rappelle les missions régaliennes assignées à la société pétrolière nationale :  «A ce que je sache, Gabon Oil Company a été  créé par l’Etat pour gérer et contrôler notre pétrole dont le volume d’exploitation nous échappait. Elle a entre autres objectifs de renflouer les caisses du pays malmenés par la crise consécutive à la chute du prix du baril de pétrole. Et le dolè amassé devait prendre la direction du Trésor public.»

En diversifiant ses activités, construction de logement sociaux, création d’entreprise d’auto-école, ce qui n’est pas dans son rôle, la Gabon Oil Compagny, prouverait-t-elle, qu’elle dispose de recettes publiques comme elle l’entend? Le billet Makaya affirme qu’un telle pratique s’appelle «détournement» et relance le Premier ministre sur le fait qu’après la formation d’Issoze Ngondet II, le président avait «appelé chaque ministre à faire le boulot pour lequel il est nommé. Pas à se disperser inutilement ce n’était pas au programme quoi…»

Dans la même lancée, l’hebdomadaire Moutouki dans sa livraison n°91 de ce jeudi 19 octobre, appelle à un audit de cette entreprise, dont «le ministre des hydrocarbures (Ndlr : Pascal Houangni Ambouroue), le PCA (Ndlr : Serge Mikoto) et DG (Ndlr: Arnauld Engandji) sont des amis personnels d’Ali Bongo». Précisant en outre, que s’il est mis en oeuvre, il pourrait mettre en lumière «des choses indécentes» surtout si les résultats de cette opération sont rendus publics.

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