Gel des recrutements: la police et l’armée exemptées, mais pour quel rendement ?

Ali Bongo Ondimba, lors de la Cérémonie de passation de commandement à la tête des FPN © D.R

Présentée par le gouvernement via le  ministre de la Fonction publique Jean Marie Ogandaga, comme une mesure efficace visant à maîtriser la masse salariale, le gel des recrutements des fonctionnaires semble souffrir quelque peu du deux poids, deux mesures. Dans certaines administrations, les recrutements se poursuivent, contrairement aux affirmations du membre du gouvernement qui assurait que cette mesure n’allait pas être discriminatoire.

Lors d’une conférence de presse qu’il avait animé en septembre 2017, Jean Marie Ogandaga, répondait déjà à la polémique que suscitait au sein de l’opinion le gel des recrutements à la Fonction publique. Une décision qui selon lui, avait pour objectif «la maîtrise des effectifs des agents de l’Etat et une meilleure gestion des ressources humaines».

Par ailleurs, cette mesure selon le gouvernement ne devait pas concerner certains départements sensibles tels que  les forces de sécurité et de défense, la santé ainsi que l’éducation. Si jusqu’à présent aucun recrutement n’a été effectué, l’opinion se questionne sur le choix opéré pour les secteurs qui ne sont pas concernés par cette mesure.

S’il est évident que les départements de la Santé et de l’Éducation sont effectivement des secteurs sensibles au vu de leur contribution dans le développement du pays, le choix de la Défense et la Sécurité suscite des interrogations. Ces secteurs composés de plus d’un millier d’agents peinent à répondre de manière efficace aux défis sécuritaires qui interpellent l’armée,‭ ‬la gendarmerie et la police, notamment au vue de la recrudescence des crimes et délits dans les principales villes du pays.

Pis dans l’opinion, les forces de sécurité et de défense n’ont pas bonne presse. Récemment, de nombreux cas d’abus d’autorité et de violences policières confortent l’idée selon laquelle «ils ne servent qu’à réprimer la population durant des manifestations ou à racketter les taximen».

Ces assertions devraient donc interpeller les pouvoirs publiques afin de régler la question de la qualité des recrutements ou se débarrasser de la mauvaise graine qui pullule dans ces départements.

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