samedi,27 novembre 2021
AccueilA La UneGabon : violences du 24 janvier, une quinzaine de personnes arrêtées

Gabon : violences du 24 janvier, une quinzaine de personnes arrêtées

Ecouter cet article

Suite aux manifestations de violences, survenues le vendredi 24 janvier dernier dans plusieurs quartiers de Libreville, ayant entraîné la mort de deux compatriotes soupçonnés d’être des ravisseurs d’enfants, le ministère public a diligenté une enquête pour faire la lumière sur cet incident malheureux. Les premières investigations menées ont permis de mettre la main sur une quinzaine d’individus identifiés dans les vidéos distillées sur la toile. 

La journée du vendredi 24 janvier 2020 a été marquée par des violences publiques exercées par les populations en rogne après la vague d’alertes sur des prétendus enlèvements d’enfants aux abords des établissements scolaires primaires et secondaires de Libreville et ses environs. Aux termes de celles-ci, en plus des dégâts matériels, deux compatriotes répondant aux noms de Stanislas Mba Ngoua et Gervais Patrick Obame Eyeghe, présumés ravisseurs, ont trouvé la mort après avoir été lynchés par des riverains.

En réaction, le gouvernement a condamné le recours à la justice populaire. « Nul ne peut se faire justice dans un Etat de droit et le Gouvernement se montrera ferme vis-à-vis de ceux qui auront choisi la barbarie comme expression de justice », a déclaré Lambert-Noël Matha ministre de l’Intérieur. Ce dernier avait pour l’occasion annoncé l’ouverture d’une enquête qui a conduit à l’interpellation de plus d’une dizaine de personnes aux quartiers Belle-Vue 1 et à la cité Mebiame, lieux des lynchages.

Selon une source policière, « ces interpellations ont été rendues possibles en partie grâce au visionnage des vidéos qui n’ont de cesse de  circuler sur la toile ». En effet, dans l’une d’elles, l’on peut apercevoir un riverain répondant au nom d’Augustin Ondo Essono lancer un tonneau sur la tête de Stanislas Mba Ngoua au carrefour de l’école publique de la cité Mebiame. La même source a indiqué que « les recherches se poursuivent. Nos agents passent au peigne fin chaque vidéo dont on dispose ».

Si plusieurs personnes justifient ces actes par une « démission de l’Etat de sa  mission régaliennes d’assurer la protection des personnes », il n’en demeure pas moins que les personnes qui s’adonnent à cette justice privée et expéditive s’exposent à des poursuites judiciaires. En effet, l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948, dont le Gabon est signataire, dispose que « nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou des traitements cruels inhumains et dégradants ».

Sur le plan interne, bien que le législateur gabonais n’ait pas expressément abordé la question de la justice populaire dans le nouveau Code pénal, il convient de préciser que les actes de barbarie et de torture sont encadrés par les articles 359 et suivants. Ces dispositions prévoient que les auteurs de barbarie encourent une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 20 millions FCFA. 

Laissez votre commentaire

Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
Enami Shop