samedi,4 décembre 2021
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Gabon : vers une récession et une baisse du PIB en 2020?

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Bien que le ministre de l’Economie et des Finances Jean Marie Ogandaga ait indiqué récemment que « l’économie gabonaise était en capacité de supporter des chocs économiques », la situation peu reluisante actuelle marquée par une crise économique majeure, soulève un certain nombre de questions dont une qui revient particulièrement. Entre poids de la dette, chute des prix du baril, baisse attendue des recettes fiscales, pétrolières et minières, et faiblesse du système sanitaire qui nécessitera des ajustements aux coûts faramineux, quel sera l’état de l’économie gabonaise au sortir de cette crise? 

Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, le Gabon, malgré son statut de huitième producteur de pétrole en Afrique, n’a pas su diversifier son économie comme il aurait été nécessaire. Résultat, l’économie gabonaise est actuellement l’une des plus vulnérables du continent avec une dépendance prononcée au secteur pétrolier et un ratio dette/PIB estimé à 60%. Dans ce contexte de crise liée au Covid-19, le pays qui a été contraint de prendre des mesures sanitaires rigoureuses pour y faire face et limiter la propagation du virus, voit son avenir s’assombrir et ses perspectives se limiter.

En effet, alors qu’avait été promulgué en décembre dernier une loi de finances 2020 avec des recettes de l’ordre de 2 162,4 milliards de FCFA en hausse de plus de 2% avec notamment des recettes pétrolières estimées à 514 milliards de FCFA, la crise mondiale actuelle qui secoue les plus grandes économies, a tout remis en cause. La faute notamment à une guerre des prix Russie-Arabie Saoudite qui a entraîné la chute des prix du baril à moins de 25 dollars avec une tendance baissière. 

En dehors de ce choc exogène qui apparaît comme un « signe noir », deux autres arguments pourraient entraîner l’économie dans une récession à savoir : une baisse des recettes générées par l’activité des sociétés pétrolières, et une baisse des recettes provenant de l’ajustement mécanique à la baisse des prix des carburants. A ces deux facteurs s’ajoutent des dépenses budgétaires toujours aussi excessives (1930 milliards de FCFA) avec notamment une masse salariale de l’Etat frôlant les 700 milliards qui obligera le gouvernement à puiser dans ses réserves, et la faible résilience de la zone CEMAC.

Si l’on y ajoute les facteurs endogènes connus tels que la corruption qui demeure une véritable gangrène ou encore l’absence de diversification de l’économie, et le coût des importations, la situation pourrait devenir ingérable. Néanmoins, bien que fortement marqué par la pandémie de Covid-19, il est important de préciser que la situation économique gabonaise actuelle, est le résultat de choix d’investissements peu judicieux et d’une absence d’investissements dans des projets structurants depuis une décennie. 

Bien qu’il soit relativement difficile à l’heure actuelle de quantifier les retombées économiques de cette crise même si une récession est d’ores et déjà actée au regard des prévisions de la Commission économique africaine (CEA), une baisse de 50% des recettes pétrolières devrait entraîner une chute pouvant aller jusqu’à 10% du PIB, notamment au regard de l’importance du secteur pétrolier dont le ratio se situait à plus de 30% fin 2018.

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Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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