Gabon: vers une prestation de serment du gouvernement au Maroc ?

C’est sans conteste l’idée que tente d’inoculer à l’opinion les militants du Parti démocratique Gabonais (PDG) au moment où l’état de santé du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba demeure un sujet présent, et que ce dernier se trouve en période de rééducation et de convalescence à Rabat au Maroc. La prestation de serment des membres du gouvernement qui depuis la révision constitutionnelle de janvier dernier devient une obligation risque une fois de plus de soulever une vive polémique car cette cérémonie est susceptible désormais d’être organisée à l’ambassade du Gabon au royaume chérifien.  


En effet, la loi fondamentale révisée dispose en son article 15  que les membres du gouvernement doivent désormais prêter serment devant le président de la République en présence des juges constitutionnels. Ainsi, tous les ministres, à l’appel de leur nom devront lire le serment écrit, la main droite levée en face d’Ali Bongo Ondimba : « Je jure de respecter la Constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le respect de mes obligations de loyauté à l’égard du chef de l’Etat ».

Cette cérémonie rocambolesque, jugée par l’opposition comme un glissement insidieux vers la monarchisation de la République, aura un autre goût au moment où le gouvernement qui doit être nommé dans les jours à venir, devra entrer en fonction. Pour cause, celle-ci devrait se tenir, si on suit la logique défendue par l’éminent juriste Guy Rossatanga Rignault, à l’ambassade du Gabon au Maroc. « Durant sa convalescence, le président Ali Bongo peut valablement continuer à présider le pays depuis l’étranger », martelait-t-il en substance dans un entretien accordé à L’Union.

Une position que partagent d’ailleurs de nombreux partisans d’Ali Bongo Ondimba, qui tiennent mordicus à ce que l’application de l’article 13 de la constitution ne soit jamais envisagé.

Autre aspect, et non des moindres, certains observateurs de la vie politique gabonaise n’excluent pas non plus une nouvelle entourloupe de la Cour constitutionnelle, dont le talent de contorsionniste de l’interprétation de la loi est reconnu au delà des frontières nationales.

Ainsi, il ne serait pas étonnant de voir la haute juridiction interpréter comme bon lui semble l’article 15 de la constitution qui dispose en partie que  « Avant leur entrée en fonction, les membres du Gouvernement prêtent serment devant le Président de la République et en présence de la Cour Constitutionnelle ». Une disposition qui pourrait donner une raison à la cour de recueillir le serment des membres du gouvernement le chef de l’Etat étant en convalescence.

Toutefois, loin de toute spéculation, la fin du contentieux électoral qui doit laisser place d’une part à la démission du gouvernement puis à la nomination d’une autre équipe devrait mettre un terme à cet épisode qui est le tout d’un plus grand scénario institutionnel.

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