Gabon : vers une manifestation contre «les saboteurs des travaux des voiries de Moanda»

Voiries Moanda
Une vue du centre ville de Moanda © GMT.

Ras-le-bol, colère et exaspération, l’atmosphère au sein de la commune de Moanda est lourde. Une lourdeur due à l’impatience et l’animosité grandissante des  populations de cette ville, soutenues par certaines personnalités politiques qui brandissent la menace de la rue, si aucune  solution pertinente n’intervient dans les prochaines semaines. Pour cause, l’arrêt inopiné depuis deux mois des travaux d’aménagement des voiries de cette localité. Un statut quo qui fait peser de lourdes conséquences sur les conditions de vie des habitants de cette ville minière qui attendent du gouvernement, qu’il tienne ses engagements.


A l’origine, les travaux de réaménagement des voiries urbaines de Moanda, ce projet initié en janvier 2019 par Comilog et qui s’inscrit dans sa feuille de route de sa responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE). C’est la matérialisation de la contribution citoyenne de l’entreprise en faveur de ses communautés hôtes. Seulement, l’arrêt des travaux imposé par certains responsables du ministère  des Mines du fait d’un conflit vient rallonger la durée des travaux qui, par ricochet, prolonge le calvaire des populations qui y voyaient déjà une bouffée d’oxygène pour leurs activités commerciales et une amélioration de leur cadre de vie. 

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Ainsi, face à ce qui s’apparente à une privation de l’amélioration de leurs conditions de vie, les populations de Moanda sont décidées à  monter au créneau pour exiger du gouvernement de prendre ses responsabilités et de tenir ses engagements en trouvant un épilogue au conflit latent entre le ministère des Mines et la société Sinohydro Corporation LTD cause manifeste de l’arrêt des travaux d’exécution des voiries.  Un conflit pour lequel les habitants de « la ville des oiseaux » dont le seuil de patiente visiblement atteint, ont décidé de ne plus rester des simples spectateurs. 

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Personnalité politique de la localité de Moanda et ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Jean Valentin Leyama joint par nos soins, s’est dit prêt à prendre la rue et mener cette fronde afin que l’Etat sorte de sa léthargie dans le dénouement de ce dossier.  « Cette situation est devenue invivable. Je vous le dis sincèrement, si d’ici le milieu de ce mois, si rien ne bouge, les populations feront des manifestations dans lesquelles je serai ou à la tête, ou parmi ces manifestants », a-t-il prévenu. 

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L’un des initiateurs du collectif  « Touche pas à ma terre » ira même plus loin, en évoquant des velléités de règlement de compte de certains politiques, qui sacrifient le bien être des populations sur l’autel des intérêts bassement personnels. « Le problème est au delà des pures aspects techniques et administratifs. En réalité les populations sont otages d’un règlement de comptes politique » nous at-il informé avant de s’appesantir sur le noeud gordien de l’affaire, dont la seule volonté serait selon lui, de nuire au responsable de la Société gabonaise de transport public (SGTP), Hervé Patrick Opiangah.

« On en veut à monsieur Opiangah. Le fait que monsieur Opiangah ait eu ce marché a créé des problèmes, pourtant ce marché a été obtenu au terme d’un appel d’offre, de façon parfaitement régulière. Que lui reproche t-on? » s’est-il interrogé. Non sans louer le professionnalisme et la qualité du matériel de la SGTP dont il a estimé « être la mieux équipée » en matière de BTP, l’ancien collaborateur d’Ali Bongo Ondimba, a invité l’opinion à se poser les bonnes questions. « La vraie question est de chercher à savoir si on veut à monsieur Opiangah ou si on en veut à Monsieur Batolo? Pourquoi veut-on les torpiller? », s’est-il demandé

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Il est de toute évidence, fondé que le climat au sein des populations de Moanda est des plus électriques et ce ne sont pas ces propos de Jean Valentin Leyama qui viendront contredire cette présomption d’implosion qui n’est plus qu’une rumeur mais une volonté clairement affichée. D’ailleurs, il a luimême informé de  « l’organisation d’une marche contre les saboteurs de ce projet dont on sait exactement l’origine de la machination », a-t-il conclu.   

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