Gabon: vers un nouvel audit de la dette intérieure

Hugues Mbadinga, directeur général de la dette © GMT/D.R

C’est l’une des informations données par le directeur général de la dette, le jeudi 24 janvier dernier, lors de la séance de travail qu’il a eue avec le patronat gabonais, notamment le Club de Libreville. En soulignant « qu’un audit des dettes de l’administration centrale sur les exercices 2015, 2016, 2017, et des établissements publics », sera réalisé en 2019, Hugues Mbadinga Madiya suscite des interrogations.

GABON LIBREVILLE

S’il permet de passer au crible l’analyse des différents emprunts pour en faire une cartographie, l’audit permet surtout de donner des réponses à des questions précises. Mené en amont de tout règlement, l’audit de la dette est censé offrir aux gouvernants et aux populations, une visibilité sur l’ensemble des créances et des pratiques de gestion à mettre en œuvre.

En effet, en annonçant il y a un peu plus d’un an que l’Etat allait rembourser près de 77% de sa dette intérieure via le Club de Libreville, le directeur de la dette sous entendait que toutes les mesures avaient été prises. D’ailleurs, il a lui même souligné jeudi dernier que la « dette est maîtrisée ». Dès lors, une question demeure, pourquoi un audit de la dette si celle ci est réellement maîtrisée ?

En essayant de répondre à cette question, on se heurte à deux problèmes majeurs,  à savoir: le manque de fiabilité de l’information financière, mais aussi et surtout à « l’illégitimité de la dette ». En d’autres termes, le fait qu’un audit soit mené en même temps que le règlement de la dette intérieure, jette un discrédit sur les opérations effectuées.

De plus, l’absence de dispositions pouvant conduire le citoyen lambda à vérifier ces informations fournies par la direction de la dette, met à nu un manque criant de transparence. A ce stade, on peut se poser des questions telles que : Pourquoi l’État a-t-il été amené à contracter une dette qui ne cesse d’enfler ? Dans quels intérêts sociaux la dette a-t-elle été contractée ? Qui en a profité ?

Par ailleurs, il apparaît clairement, que les dispositions prévues pour le règlement de la dette intérieure et probablement de la dette extérieure, risquent fortement d’être remises en cause, faute de recommandations précises en amont.

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