Gabon: une main noire à la manoeuvre pour reprendre la gestion de la SNI?

Qui veut couler la Société nationale immobilière ? C’est la question que se pose l’opinion depuis de nombreuses semaines au vue des assauts répétés dont est victime cette entreprise qui a pour mission de garantir un logement décent, au plus grand nombre. Au moment où le Conseil d’administration a adopté la décision de fusion absorption avec la Société nationale du logement social (SNLS) et que des grands bouleversements sont attendus avec la formation du futur gouvernement, une main noire tapie au sein de l’exécutif aurait décidé d’accaparer cette poule aux oeufs d’or et conspirer contre son directeur général.

Depuis près de deux mois, l’opinion est submergée de pseudo révélations non seulement sur le fonctionnement de cette entreprise mais aussi sa gestion par l’actuel directeur général Hermann Kamonomono. Pour comprendre cette cabale qui serait orchestrée par certains collaborateurs d’Ali Bongo qui distillent des informations visant à déstabiliser la SNI, il faut remonter à novembre 2018.

Nommé à l’issue du Conseil des ministres vendredi 23 février 2018, Six mois seulement après son passage au Fonds national d’aide sociale gabonais (FNAS) en septembre 2017, Hermann Kamonomono a commencé quelques temps après à faire l’objet d’attaques. Arrivé dans un secteur où malversations et magouilles autour du foncier sont légion, il a insufflé une nouvelle dynamique au grand dam semble-t-il de quelques détracteurs.

En novembre dernier, il fera déjà l’objet d’une cabale sur certains médias fantoches. Il est accusé d’être venu en aide à plusieurs de ses anciens collaborateurs du Fnas, une belle trouvaille puisque ceux-ci indiquent qu’il se serait rendu coupable « d’usage abusif de fonds publics et d’abus de confiance ». Des accusations vite jetées aux oubliettes puisque de nombreux bénéficiaires vont corroborer cette aide, qui, il faut le préciser rentre dans le cadre de la responsabilité sociétale de cette entreprise etatique.

Il faut dire qu’après plusieurs  mois à la tête de la SNI de nombreux coups de boutoir ont été assénés pour faire tomber le manager de la boîte. D’ailleurs, cela se comprend l’homme s’est fait des ennemis dans ce secteur où « la mafia du foncier » semble avoir développé un vaste réseau jusque dans les arcanes du pouvoir. Pour preuve, l’opinion se souvient de son rappel à l’ordre aux entreprises adjudicataires dans le projet des 3808 logements ou encore l’annonce d’une plainte contre le Bureau Veritas pour des écarts de facturation de règlement, destinés aux travaux de terrassement et de validation du site Mangouba. Une posture qui n’aurait pas plu aux promoteurs et autres actionnaires de l’ombre.

Pis, la fusion avec la SNLS semble être désormais le moment propice pour certains acteurs évoluant dans l’ombre de l’exécutif de mettre des bâtons dans les roues de la direction générale dans l’espoir de faire main basse sur l’entreprise. La dernière manoeuvre semble être la  saisie des comptes de la Société nationale immobilière par la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon (BICIG) et l’Union gabonaise de banque (UGB).  Une affaire qui met pourtant en lien d’autres entités tels que le consortium EGCA Satram en charge de la viabilisation du lotissement et le Bureau Veritas.

Loin de ses soubresauts, le mystère autour de ces manigances est sur le point d’être révélé, déjà que le bilan  Hermann Kamonomono parle en sa faveur. Entre audit des dépenses; reprises progressives des travaux sur le lotissement Mangouba, mise en place d’un  guichet d’accompagnement à l’auto-construction ou encore la réservation d’un espace de 20 hectares pour les Gabonais de l’étranger, le travail abattu par la direction générale et son manager est quasi titanesque.

Malgré ces péripéties qui sont le fait de personnes mal intentionnées qui veulent voir échouer la politique d’accès à la propriété prônée par le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, les performances de ces derniers mois ne sauraient être ignorées.

Laissez votre commentaire