Gabon : une attaque pirate, deux otages introuvables et le silence malicieux du gouvernement

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Le porte-parole du gouvernement Edgard Anicet Mboumbou Miyakou © D.R./GMT

Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars 2020 au large de Libreville, un navire dénommé « Talhia » aurait été pris d’assaut par des pirates, lesquels une fois à bord auraient réussi à séquestrer le commandant de bord et un membre de l’équipage. Une attaque perpétrée à 100 kilomètres de nos côtes, manifestement poreuses, qui bizarrement ne semble pas émouvoir nos gouvernants, qui vont et c’est à craindre, désormais se cacher derrière l’alibi du covid-19 pour justifier leur attentisme et leur impuissance maladives. Mais bien qu’étant une priorité nationale, la pandémie de coronavirus ne saurait soustraire le gouvernement de son devoir de garantir et de protéger nos côtes, partant nos concitoyens mais surtout de celui de se lever quand la sûreté extérieure de notre l’Etat est atteinte. 

L’atteinte à la sûreté intérieure et extérieur de l’Etat est l’un des crimes réprimés de la façon la plus dure et la plus rigoriste qui soit. L’attaque pirate mortuaire du 22 décembre 2019 dernier dans les eaux gabonaises ayant coûté la vie au regretté commandant Aymard Mboumba Mbinah, avait déjà alerté l’opinion sur l’impotence de nos forces de l’ordre sur le caractère poreux désormais coutumier, des côtes gabonaises. L’attaque à nouveau, il y a quelques jours d’un bateau battant pavillon portugais par des pirates au large de Libreville alors qu’il était en provenance de Lomé au Togo vient à nouveau mettre au devant de la scène cette problématique qui remet foncièrement en cause, la capacité de notre pays à protéger nos côtes. 

Pire, non content de ce fait, Julien Nkoghe Bekale et son gouvernement se servant de la crise sanitaire que traverse le pays ont lâchement décidé au nom du « souffre-douleur » covid-19 de rester silencieux devant une attaque foncièrement attentatoire à la sûreté de l’Etat. Le gouvernement veut-il nous faire croire qu’il n’a pas les moyens d’être sur plusieurs fronts en raison de cette crise sanitaire dont on ne néglige certes pas l’importance ? Nous n’avons noté aucune sortie, aucune prise de parole, et même « le pompier de circonstance » Edgard Anicet mboumbou Miyakou porte parole du gouvernement, habitué aux sorties formalistes  s’est muré dans un silence assommant qui donne l’impression que gouvernement s’est tu, comme impuissant et résigné par une affaire, qui semble résolument et désormais le dépasser.  

Mais pourquoi une telle posture ? Pourquoi le gouvernement ne veut-il pas s’exprimer sur cette question essentielle de sécurité publique pour rassurer les Gabonais ? Que nous cachent-ils ? Pourtant, comme relayé par l’Hebdomadaire le Mbandja dans sa parution du vendredi 27 mars 2020 n°547, le détachement d’une unité d’intervention composée des fusiliers marins aurait lancé un assaut et réussi à récupérer le navire  « Les éléments de la Marine sont déjà sur place et attendent un capitaine de navire pour pouvoir le convoyer à Libreville » révélait une source proche de la sécurité portuaire qui a requis l’anonymat.  

Qui a ordonné la détachement et pour quels résultats ? Les Gabonais attendent des réponses et se demandent fatalement si sans armée opérationnelle, ils ne sont pas en danger permanent en cas d’attaque extérieure.  Après les deux attaques de 3 mois d’écart, force est de constater que la réponse penche plus vers la négative.  Et à l’heure où le pays est en proie à ces attaques, qui s’apparentent à des déclarations de guerre, le Gabon montre par sa pusillanimité que les pirates peuvent venir impunément sur nos eaux, voler, piller et tuer des Gabonais. Et la fréquence de leurs attaques est révélatrice de la crainte inexistante que leur inspire la sécurité de nos côtes.  

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