Gabon: un proche de Jean Ping cité dans une affaire de corruption des ministres d’Ali Bongo

Jean Ping © GMT

Le rapport, publié le lundi 25 mars dernier par l’ONG britannique Environmental Investigation Agency (EIA) qui met à nu les pratiques illicites ayant cours dans le secteur de l’exploitation forestière au Gabon et au Congo n’a pas fini de livrer son lot de révélations sur l’implication de certaines personnalités politiques. Ainsi, cette enquête menée sur 4 ans révèle que le Groupe Dejia fondée par l’homme d’affaires chinois Xu Gong De, par ailleurs neveu de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine Jean Ping, s’est illustré par la corruption de certains ministres gabonais.



En un peu plus de 10 ans, l’entreprise de Xu Gong De s’est érigée comme l’une des plus importants conglomérats d’entreprises d’exploitation forestière chinoises en Afrique. Une réussite favorisée par sa position pour le moins avantageuse dans la sphère décisionnelle  de son pays. En effet, il a été le président de l’Association des Chinois d’Outre-Mer au Gabon et occupe désormais le poste de directeur adjoint de l’Association mondiale des membres du clan Wenzhou, membre d’Outre-Mer « spécialement affecté » au Comité Central du Parti Communiste Chinois de la Ville de Wenzhou (CCPCC).

Mais ce qui explique son expansion fulgurante au Gabon c’est sa proximité avec des personnalités qui occupent des postes clés dans les réseaux politico-économiques. C’est le cas avec Jean Ping dont il est un proche parent. Selon le rapport de l’EIA, c’est d’ailleurs ce dernier qui aurait convaincu Xu Gong De d’investir dans le secteur forestier au Gabon.

« Jean Ping aurait encouragé son proche parent, M. Xu, à s’installer et à investir au Gabon. Fils d’un père chinois et d’une mère gabonaise, M. Ping est considéré comme un éminent et influent diplomate africain sur la scène internationale », indique le rapport. Un haut responsable du Groupe Dejia a confié aux enquêteurs d’EIA que le patron de l’entreprise forestière aurait été le principal sponsor de la campagne électorale du diplomate aux élections de 2016 au Gabon.

Dans cette affaire politico-financière, outre les liaisons dangereuses avec cette personnalité politique de l’opposition, Environmental Investigation Agency révèle un véritable scandale de corruption des ministres de l’actuel président de la République Ali Bongo Ondimba passés par le ministère de l’Economie forestière en l’occurrence Estelle Ondo et Jacques Denis Tsanga. Selon des informations recueillies par les enquêteurs de l’ONG auprès de responsables des filiales du groupe Chinois, ces derniers ont touché des pots-de-vin estimés à plusieurs millions de FCFA.

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