samedi,24 juillet 2021
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Gabon: un procès en sorcellerie contre Mavioga pour s’emparer de Pizolub?

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Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. Cette maxime bien connue en Afrique sied bien aux péripéties vécues par Guy Christian Mavioga et qui ont conduit à son débarquement de la direction générale de la Société gabonaise PIzo de formulation de lubrifiant (Pizolub) lors du Conseil des ministres du vendredi 20 novembre 2020. Une éviction qui selon de nombreux observateurs se serait fait sur fond de complot ethnocentriste et surtout au moment où un sauvetage du gouvernement est annoncé au profit de cette entreprise dans l’agonie depuis plusieurs années.  

Nommé directeur général de Pizolub lors du Conseil des ministres du 26 février 2019, Guy Christian Mavioga a été débarqué de la tête de cette entreprise à l’issue de la séance du Conseil des ministres de ce 20 novembre. Si cette décision relève bien entendu du pouvoir discrétionnaire du président de la République, elle laisse quelque peu planer le doute sur ses réels motivations surtout après la cabale pour le moins curieuse dont le désormais ancien directeur général a été l’objet durant plusieurs semaines.  

En effet, si pour de nombreux médias qui se sont fait l’écho de la campagne orchestrée contre Guy Christian Mavioga, son départ est motivé par son incapacité à relever cette entreprise confrontée à des difficultés d’ordres structurel et financière depuis des années, de nombreux observateurs jugent ces insinuations dénuées de sens. Si aujourd’hui il est accusé de tous les péchés d’Israël, celui qui a occupé les fonctions de directeur général adjoint pendant 7 ans, et de président du conseil d’administration de la caisse de stabilisation et de péréquation (CAISTAB) pendant 3 ans est loin d’être à l’origine des maux qui minent cette société d’un secteur qu’il connaît très bien. 

Faut-il rappeler qu’en 41 ans d’existence, Pizolub a toujours subi la concurrence déloyale des autres marketeurs, pourtant actionnaires avec l’Etat gabonais. Une situation qui a contribué à ralentir sa compétitivité, accentué depuis 2010 par l’accumulation d’une dette de près de 9 milliards de FCFA. Mais l’arrivée de Guy Christian Mavioga aura eu le mérite de faire bouger quelque peu les lignes. Ainsi il a reussi à lancer, le 2 octobre 2020, la fabrication de près de 8000 bidons devant servir au conditionnement des huiles de moteur et industrielles commandé par le marketeur Gab-Oil, l’obtention de la certification de conformité de ses  huiles pour automobiles et moteurs industriels délivrée par le groupe français Azelis ou encore récemment l’obtention de l’agréments au Tarif préférentiel généralisé (TPG) de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Autant d’éléments qui démontraient la volonté de Guy Christian Mavioga de sortir Pizolub de plusieurs années de léthargie. 

Au vu de tous ces éléments, plusieurs indiscrétions estiment que le départ de l’ancien directeur général n’aurait été motivé que par des relents ethnocentristes. Il faut relever que la cabale qui a précédé la décision du limogeage de Guy Christian Mavioga aurait été orchestrée par quelques esprits chagrins qui souhaitaient s’accaparer de la gestion de la Pizolub quand on parle de l’éventualité du sauvetage de l’entreprise. Une position qui pourrait trouver son sens au vu des pesanteurs qui ont concouru à l’arrivée de ce dernier dans une entreprise qui, aux dires de certaines sources, était considérée comme la chasse gardée « des autochtones de Port-Gentil ». 

Preuve de la réussite des « lobbies Myénès », qui aurait été à la manœuvre dans ce complot ethno-politique, la nomination comme directeur général de Jean-Marie Kombe Wora et comme directeur administratif et financier de Michael Robert Aworet Azizet. Une affaire qui a le mérite de démontrer la prise en compte non pas des critères objectifs pour accéder au top management d’une telle entreprise publique mais la fibre ethnique dans une ville hétéroclite comme Port-Gentil où plusieurs ethnies se côtoient dans la concorde voulue par les pères fondateurs de la Nation Gabonaise.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...