Gabon: les transports terrestres accusent l’Etat de saboter leur secteur d’activité

Axe Libreville-Ntoum © Gabonactu

Les propriétaires et les régulateurs de l’activité du transport terrestre s’opposent aux mesures du gouvernement visant à limiter les heures de circulation à 18 heures. Ils justifient leur mécontement par la distance qui sépare certaines villes de l’intérieur du pays à la capitale. Les nombreux postes de contrôle cumulés à l’état de délabrement avancé de la route sont les facteurs de ralentissement. Ils proposent que l’heure limite soit repoussée à 22 heures.

L’année 2018 a été une année sombre pour les usagers et les promoteurs du transport terrestre au vu du nombre important d’accidents. Mais si l’opinion publique s’attelle à pointer du doigt les excès de vitesse imputables aux chauffeurs, promoteurs de ce secteur eux accusent le gouvernement.

Dans un article paru chez notre confrère L’Union le 15 décembre 2018 sur la mise aux arrêts de deux chauffeurs qui auraient outrepassé les mesures étatiques sur l’heure, Nguema Obame directeur de la société JC Transport dénonçait l’amateurisme dans la prise de décisions et la responsabilité de l’Etat dans ces des drames routiers.

D’abord, concernant la transmission d’informations les concernant, Nguema Obame déplore le fait que lorsqu’une décision touche le transport terrestre, les agences de transport ne reçoivent aucun document officiel y relatif : « parfois même, quand on se rapproche de la direction générale des transports, elle n’est au courant de rien»,  dénonçait-il.

Concernant la responsabilité de l’Etat dans les accidents, le directeur de JC Transport explique qu’il est plus qu’improbable à un professionnel de la conduite confronté à l’éloignement des villes de l’arrière pays, au mauvais état du réseau routier et aux multiples postes de contrôles, de rallier Libreville avant 18 heures.

A cause de ces raisons, certains chauffeurs conduiraient à plus de 120 km/h.  « Et comme la plupart des passagers craignent de sortir de chez eux aux alentours de 5 heures, pour éviter par exemple des braquages , il n’est donc pas aisé pour les opérateurs des villes les plus éloignées de la capitale de prévoir le départ à ce moment-là », précise le Directeur de JC Transport.

Enfin, les promoteurs voudraient rencontrer les autorités compétentes afin de proposer de repousser l’heure de 18 heures à 22 heures. Espérons que la main tendue sera saisie pour le bien de l’activité terrestre en cette nouvelle année 2019 .

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