Gabon Télévision: escroquerie savamment organisée sur les revenus issus de la redevance audiovisuelle?

Gabon Gabonmediatime Maison Georges Rawiri Gabon Télévision
La Maison Georges Rawiri siège de Gabon Télévision © D.R.

La question de la destination des fonds issus de la redevance audiovisuelle fait décidément couler beaucoup d’encre et semble être le noeud gordien des raisons de l’entrée en grève des syndicats des premières chaînes de radio et télévision. L’éviction récente de Sébastien Ntoutoume de la Direction Générale de Gabon Télévision, selon les bruits de couloir, aurait pour cause, cette affaire qui a tous les attributs d’un pernicieux scandale financier.    

Fait inédit  au Gabon, les trois syndicats des chaînes et radios du Gabon ont décidé concomitamment de tenir un mouvement de grève d’une durée illimitée. Ces derniers conditionnent la reprise du travail à l’ouverture de négociations devant aboutir à des clarifications sur la gestion et l’affectation de la redevance audiovisuelle. Ce sont exactement le Synap dirigé par Aminata Ondo, le Syprocom de Jean Olivier Makaya et le Syprofen visiblement,  résolus à perturber l’entrée en fonction du nouveau directeur général Sylvain Abessolo  et à donner des sueurs froides au sortant Sébastien Ntoutoume Bekale.  

Sébastien Ntoutoume Bekale en eau trouble, navigue à vue   

Accusé, pointé du doigt, l’ancien patron de Gabon Télévision, se défend et récuse toutes les prétentions sur sa supposée implication dans les détournements et nie avoir reçu ou perçu les sommes querellées au nom de la RAC aux médias dont il avait la charge. Un argumentaire un tantinet fragile surtout quand la responsable de la Synap, dans les colonnes de l’hebdomadaire la Loupe du Mardi 08 octobre 2019 jete un gros pavé dans la mare « Depuis plus de deux ans, un groupe de responsables du ministère de la Communication se réunit chaque mois, pour décider de la redistribution du montant de la RAC qui s’élève à 150 millions de Fcfa (montant communiqué par le ministère) et à près de 180 millions, montant communiqué par le CDC au Parlement. Nous exigeons des éclaircissements sur la gestion de cette manne au moment où les chaînes publiques manquent de tout », pouvait-on lire. 

En pleine eaux troubles, le responsable du Ministère de la Communication, dos au mur, a  expressément convoqué les agents de son département, les directeurs des chaînes publiques et enfin les têtes pensantes de la commission de coordination créée par Alain Claude Bilie-by-Nze en 2017 en charge de l’épineuse question de la gestion de la redevance audiovisuelle, aux fins de faire la lumière sur la répartition de ces montants faramineux. Une rencontre pendant laquelle plusieurs responsables de médias audiovisuels et radio vont découvrir hagards, les montants perçus,  déposés dans les comptes des organismes dont ils assurent la direction. 

Entre confusion et stupéfaction, la RAC existerait bien dans les compte mais invisible sur le terrain

Il ressort, à la  lumière des révélations faites par l’hebdomadaire la Loupe, qu’au cours de cette réunion, plusieurs responsables d’entités publiques et privés vont au comble de leur étonnement faire la découverte d’une régie financière à travers laquelle transitent des fonds supposés leur revenir, mais qu’ils ils ne perçoivent apparemment pas. 

Sébastien Ntoutoume Bekale aurait été surpris de découvrir que son groupe Gabon Télévision, « a bénéficié, pour l’année 2018, de la somme de 360 millions de Fcfa, Radio Gabon aurait déjà perçu 180 millions, l’Agence gabonaise de presse 54 millions, l’Institut gabonais du son et de l’image (Igis) 30 millions ». Mieux, selon le même média, la chaîne privée Gabon 24 ayant pour siège la Présidence de la République, sous la direction de Laure Bigourd aurait touché la bagatelle somme de 60 millions de fcfa. 

Le détournement est tel que ses instigateurs vont pousser le vice à son paroxysme en créant même une ligne budgétaire pour laquelle sera versée, en termes de salaire,  la somme de 20 millions destinée aux agents fantômes de Gabon Culture, chaîne qui du reste, n’a jamais existé. Une situation qui fait présumer l’existence au sein des services du ministère de la communication, d’agents véreux, mafieux et budgétivores nés. Et Aminata Ondo ne s’y trompe pas quand elle se questionne sur cette équation particulièrement fréquente en république gabonaise « comment expliquer des montants

attribués aux agents d’une chaîne de télévision fantôme comme Gabon Culture, alors que ces derniers sont, depuis le déversement dans les effectifs de Gabon télévisions, payés sur fonds propres ? » 

Il va de soi que les fonds ont été détournés par des individus dont on ignore l’identité. Un tel scandale et une mafia aussi bien organisée ne sauraient être la résultante d’une seule année de malversations. C’est essentiellement la raison pour laquelle, l’enquête qui doit être diligentée par les services compétents doit concerner tous les ministres de Alain Claude Bilie-by-Nze instigateur de la RAC  à Guy Bertrand Mapangou en passant par Guy Maixent Mamiaka et enfin Rigobert Ikambouayat Ndeka.  

Laissez votre commentaire