lundi,21 septembre 2020
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Gabon: taxe sur les retraits ou la taxe de la discorde

C’est l’une des questions auxquelles devra répondre le ministre de l’Economie et des Finances Jean Marie Ogandaga ce vendredi 19 juin 2020 face aux députés. La taxe de 2% sur les retraits d’espèce de 1 million de FCFA et plus qui fait grand bruit depuis son introduction dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR) adopté vendredi dernier en Conseil des ministres, était-elle nécessairement imposable en ces temps de vaches maigres pour de nombreux salariés et entrepreneurs, ou pouvait-elle attendre un contexte économique plus favorable? 

Présentée par le gouvernement et certains experts du secteur bancaire comme une « innovation » devant permettre d’enrayer  l’activité économique informelle, l’évasion fiscale ou encore le blanchiment d’argent, la taxe sur les retraits présente dans le projet de loi de finance rectificative (PLFR) adopté vendredi dernier en conseil des ministres, fait débat. Et pour cause, celle-ci intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’économie aussi bien mondiale que nationale.

En effet, en instituant cette taxe sur les retraits effectués en numéraires auprès des établissements de crédit, l’exécutif a suscité une désapprobation massive de nombreux salariés, estimant celle-ci «  illégale voire même immorale ». Il faut dire que dans le contexte actuel où plane une menace de crise de l’emploi dans bien des secteurs, se voir prélever 2% sur un retrait de 1 million de FCFA, c’est se voir retirer pas moins de 20000 FCFA sur son revenu. Énorme, à l’heure où le pouvoir d’achat des ménages observe une courbe descendante du fait des nombreuses mesures de restriction imposées par la Covid-19.

Si en perspective, cette taxe sur les retraits peut apparaître comme une disposition devant permettre de favoriser des moyens de paiement autres que l’espèce, puisqu’elle s’accompagne d’une interdiction d’effectuer des transactions d’un montant supérieur à 5 millions de FCFA en espèce, son instauration peut à bien des égards, révéler l’incapacité du gouvernement à prendre des décisions fortes favorisant les populations. 

Assimilée à un passage en force de l’exécutif, cette nouvelle disposition fiscale vient s’ajouter à une pléthore de taxes dont la Redevance audiovisuelle cinématographique (Rac) ou la taxe à 7% sur les ordures ménagères prélevée par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Des taxes dont les Gabonais ignorent aujourd’hui réellement l’utilité et l’aboutissement, au regard aussi bien de l’état insalubre de la capitale gabonaise et surtout des finances publiques.

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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