Gabon: Tapoyo exhorte Ali Bongo à annuler le décret sur la cession des titres fonciers de l’Etat à la CDC

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Alexandre Désiré Tapoyo © D.R.

Dans une lettre ouverte datée du 10 octobre 2019, l’ancien ministre des Droits humains Alexandre Désiré Tapoyo marque ses inquiétudes autour du transfert à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) des titres fonciers de l’État. L’ancien conseiller municipal de Libreville craint que cette décision viole la Constitution et la souveraineté nationale. Aussi, exhorte-il le président de la République Ali Bongo Ondimba à annuler ce décret.

La cession des titres fonciers de l’Etat à la Caisse des dépôts et consignations continue de faire couler encre et salive. Après la sortie de la société civile qui a lancé une campagne contre cette décision du Conseil de ministres du 2 octobre 2019, c’est au tour de l’ancien ministre des Droits humains Alexandre Désiré Tapoyo de monter au créneau. Pour cet ancien cadre du Parti démocratique gabonais (PDG), les justifications du gouvernement laissent à désirer.

« En vertu de mes droits et devoirs constitutionnels me permettant d’exprimer, au même titre que tous mes compatriotes et en tant que de besoin, toute préoccupation liée à la vie de la nation, peu satisfait et nullement convaincu par les justificatifs officiels et quelque peu laconiques de ce transfert, me plait-il ici d’interpeller respectueusement le garant suprême des intérêts du peuple gabonais que vous êtes, notamment en vous faisant part des inquiétudes et craintes légitimes soulevées par ce projet de texte controversé », lit-on dans cette lettre ouverte.

Alexandre Désiré Tapoyo met le président de la République en garde contre les dérives que pourrait occasionner une telle décision qui ne fait pas l’unanimité dans l’opinion nationale. « Cette décision apparaît d’ores et déjà, en tout cas au sein de la population et pour le citoyen que je suis, comme une initiative périlleuse et préjudiciable à plus d’un titre, portant en elle les germes de graves et dangereuses dérives », assure-t-il avec gravité.

Fort de ce constat, l’ancien ministre des Droits humains exhorte Ali Bongo Ondimba à mettre fin à ces suspicions et autres spéculations autour de cette décision, en annulant le décret portant cession des titres fonciers de l’Etat à la Caisse des dépôts et consignations. « Renoncer à ce projet de décret militerait assurément, et de beaucoup, à ne pas compromettre cette issue heureuse à laquelle tant de citoyens et citoyennes croient jusqu’ici », affirme-t-il. Gageons que son message ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd.

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