vendredi,25 septembre 2020
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Gabon : supposé détournement de 1,4 milliard par Ndoudangoye à l’Oprag, Sayid Abeloko mis à l’index

L’audition, le 26 décembre 2019 devant l’Assemblée nationale du député du 2ème arrondissement de la commune de Franceville et ancien ministre des Transports Justin Ndoundangoye qui a conduit non seulement à la curieuse levée de son immunité parlementaire mais aussi à son interpellation par la Direction générale des recherches (DGR) aura permis de lever le voile sur les griefs retenus contre le secrétaire général de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev). Il est reproché à ce dernier le détournement de 1,4 milliard de FCFA à l’Office des ports et rades du Gabon au courant de l’année 2018. 

Tout au long de son audition devant ses collègues, Justin Ndoudangoye a clamé son innocence sur ce présumé détournement de fonds. Selon ses termes, c’est sur saisine du Garde des Sceaux supportée par une requête du procureur général près de la Cour d’appel de Libreville qu’il a été conduit à se défendre au sein de l’hémicycle. L’ancien membre du gouvernement est selon ladite requête soupçonné de détournement de deniers publics, de concussion et blanchiment d’argent. 

Durant son plaidoyer l’élu de la commune de Franceville, a fait remarquer que ses accusations portent essentiellement sur le détournement supposé de 1,4 milliard de FCFA à l’Office des ports et rades du Gabon au courant de l’année 2018 sous la direction de Sayid Abeloko, et du directeur administratif et financier, Julian Engongah Owono, placé actuellement sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. Justin Ndoudangoye n’a d’ailleurs pas manqué de s’interroger sur les éléments qui sous tendent ces accusations. « Qui les a mis à disposition auprès de Justin Ndoudangoye ? Quel est le processus de décaissement ? Un directeur financier qui est co-signataire peut-il à lui seul aussi décaisser 1 milliard 400 millions au profit de Justin Ndoudangoye ? Alors quel est le rôle du conseil d’administration  de cette société ? Quel est le rôle du commissaire aux comptes de l’Oprag ? Et quel est le rôle du directeur général? »,s’est-il interrogé. 

Autant de vides qui laisse selon le mis en cause des zones d’ombre sur le sérieux de la procédure intentée contre lui. Outre le manque de base documentaire pouvant soutenir ces allégations, le député n’a pas manqué de relever les curiosités qui ont émaillé ce dossier. « On nous dit que j’aurai été abondamment cité mais on ne nous dit pas par qui. On parle d’un directeur financier mais à ce jour qui a la gestion de l’ensemble des dossiers des personnes en détention en ce moment ? C’est le premier juge d’instruction du cabinet spécialisé de la cour criminelle spéciale. Ce même juge qui m’a reçu il y a deux semaines et qui m’a dit ouvertement devant mon conseil que dans toutes les procédures en sa possession je n’ai jamais fait l’objet d’une citation, d’une inculpation, d’une dénonciation mais miraculeusement au sortir du cabinet d’instruction j’apprends que j’aurai été cité encore que ce directeur financier je ne le connais pas », a-t-il martelé.

Une position qui pourrait dès lors remettre en cause non seulement les accusations à l’encontre du secrétaire général de l’Ajev, le procureur n’ayant pas pris le soin de communiquer sur son interpellation mais surtout sur le sérieux de la décision de levée d’immunité parlementaire prise par l’Assemblée nationale contre leur propre collègue. D’ailleurs, dans l’optique de corroborer les interrogations soulevées par Justin Ndoudangoye, Gabon Meda Time s’est rapproché d’une source portuaire pour comprendre les mécanismes pouvant aboutir au décaissement d’un montant aussi faramineux. 

Si notre source a relevé l’impossibilité d’un détournement aussi flagrant, l’Oprag réalisant un résultat net de près de 600 millions le mois réparti entre les charges de fonctionnement et d’investissement, il a révélé que le décaissement dudit montant avait été effectué en octobre 2018. Solliciter dans la réfection des voiries au niveau du port commercial de Port-Gentil, Sayid Abeloko, à cette époque directeur général avait consenti à financer les travaux à hauteur de 1,4 milliard de FCFA. Mais le directeur financier et comptable, Julien Engongah Owono s’était opposé au projet pour privilégier le paiement d’une partie de la dette fiscale (Avis de mise en recouvrement- AMR) de l’Oprag qui s’élevait à 1,7 milliard de FCFA auprès du Trésor public.

Retenu à l’unanimité par le directoire de l’Oprag, des mécanismes avaient été mis en place pour éponger ladite dette auprès de l’administration fiscale. La direction générale de l’Oprag instruira donc les banques BGFI et BICIG de libérer une partie des dépôts à terme (DAT) de l’entreprise. BGFI, seule, a pu libérer 400 millions de FCFA. A cette somme, s’est ajouté le milliard gagné en nivelant un compte auprès d’Orabank. C’est ainsi que l’Oprag a constitué l’enveloppe qui a bel et bien servi, soulignent notre source, à apurer 82,35 % du 1,7 milliard de FCFA dû au fisc, via son compte BGFI dont l’actuel Trésorier payeur général (TPG), Franck Yann Koubdjé, était le gestionnaire. Il faut souligner d’ailleurs que l’Oprag détient encore l’ensemble des quittances du versement pour le compte du Trésor public relatif au paiement partiel de cette dette fiscale. 

D’où l’interrogation sur la supposée implication de Justin Ndoudangoye. Pour l’heure, l’opinion reste en attente d’un éclaircissement du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville André Patrick Roponat, d’autant plus que des informations indiquent que ce supposé montant détourné par le député du 2ème arrondissement de la commune de Franceville aurait servi à son élection dans cette circonscription. 

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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