Gabon: soupçons de malversations financières à la CDC

Herman Régis Nzoundou Bignoumba, administrateur directeur général de la CDC © D.R

L’adoption le 31 décembre dernier de la loi de finances (PLF) 2019, contrairement à ce qu’il parait, a donné lieu à un véritable débat qui a mis en lumière le peu d’orthodoxie qui règne dans l’administration gabonaise en matière de gestion des finances publiques. C’est le cas à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) où selon les vénérables sénateurs, la direction de cet établissement public s’illustre par une gestion scabreuse des ressources de l’Etat dont elle assure la gestion.



Le coup de semonce de cette situation qui a tout l’air d’une malversation financière à grande échelle a été donné par le groupe parlementaire des centristes, qui s’exprimait par la voix d’Hugues Bessaques. Dressant le bilan des trois dernières années budgétaires, le vénérable sénateur a estimé que cette structure avait failli à ses missions.

La Caisse des dépôts et consignations du Gabon est une institution financière, créée par l’ordonnance n°024/ PR/2010 du 12 août 2010. Elle est administrée par une direction générale dont la gestion est contrôlée par un Conseil d’administration. Selon l’article l’article 4 de ladite ordonnance, cette institution financière publique peut exercer des activités bancaires ou financières. Elle est Chargée notamment de gérer les dépôts reçus au titre des consignations et cautionnements d’origine judiciaire ou administrative, ou les revenus des participations d’Etat, les fonds souverains, les ressources affectées de correspondants du Trésor, la caisse de péréquation des collectivités locales, les fonds de la réassurance et les mandats spéciaux qui peuvent lui être confiés.

Sauf que depuis sa mise en place, l’établissement bancaire s’est lancé dans des projets tous azimuts aux résultats discutables. C’est d’ailleurs l’objet du coup de gueule du sénateur Hugues Bessaques qui estime qu’au lieu de remplir les missions qui sont les siennes, la Caisse des dépôts et consignations « s’est plutôt illustrée dans la gabegie et la mauvaise gestion des ressources financières » révélant même devant la présidente du Sénat Lucie Milebou-Aubusson, épouse Mboussou que « sa fermeture est presque acquise ».

« Au lieu d’être un outil de performance pour la gestion de nos finances publiques, elle est plutôt un moyen de distraction de fonds publics », a martelé le vénérable qui a souhaité la mise en place dès la prochaine session d’une « enquête parlementaire » pour faire la lumière sur le fonctionnement de cet établissement bancaire public.

Cette sortie n’est d’ailleurs pas la première du genre, l’ancien Vice-premier ministre Bruno Ben Moubamba accusait déjà l’administrateur directeur général de cette entité Herman Régis Nzoundou Bignoumba de puiser dans les caisses pour faire campagne contre lui dans la commune de Moabi.  « Il est le trésorier de l’Etat et non un acteur politique en principe. Il utilise l’argent de l’Etat comme si c’était le sien contre BBM à Moabi pour devenir Ministre ? Voilà un gamin qui n’a jamais rêvé de jongler avec autant de milliards sans doute », lançait-il le 17 octobre dernier sur sa page Facebook.

Autant d’éléments qui corroborent donc le peu d’orthodoxie financière entourant la gestion de cet établissement public. Toute chose, qui comme l’a déclaré le sénateur Hugues Bessaques, devrait conduire à la mise en branle d’une enquête parlementaire, mais aussi des autorités judiciaires en l’occurrence la Cour des Comptes et la Cour criminelle spéciale. Nous y reviendrons !  

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