mercredi,28 octobre 2020
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Gabon : soupçon de détournement de fonds publics à la Direction des enquêtes douanières

Alors que l’opération anticorruption dénommée scorpion bat actuellement son plein et a déjà abouti à l’incarcération d’anciens ministres et autres hauts cadres d’entreprises publiques et parapubliques, certains hauts fonctionnaires peinent à rentrer dans les rangs en matière de gestion des fonds publics. Le vice des détournements qui semble gangrener l’administration publique est encore illustré par la directrice des enquêtes douanières et du contentieux Patricia Loury épouse Antseleve qui aurait enjoint à un chef d’entreprise le versement d’une amende dans un compte lui appartenant. 

Dans cette note qui a fait le tour des réseaux sociaux référencée n°00000658/MEFSN/SG/DGDDI/DEDC et datée du 18 mars 2019, la directrice des enquêtes douanières et du contentieux aurait sommé le directeur des transits de l’entreprise Bollore Port-Gentil au paiement d’une créance de l’Etat. Une demande qui pourrait sembler normale mais qui a vite fait de susciter des interrogations au sein de l’opinion. 

En effet, dans le document Patricia Loury épouse Antseleve invite le mandataire de la Société Expro Gabon Sarl à procéder au paiement desdits créances. Ainsi, il est enjoint à ce dernier de procéder au versement d’une part de 33 103 567 FCFA représentant les droits et taxes à l’ordre du Trésor public mais aussi de plus de 66 millions sur son compte personnel. Dans ledit document, la directrice des enquêtes douanières et du contentieux précise d’ailleurs que le montant qui lui est destiné, qui par extraordinaire dépasse celle réservée au trésor, est « le produit de l’amende » infligée à la Société Expro Gabon SARL. 

Une bien curieuse procédure qui ne manque pas de susciter des interrogations sur la légalité d’une telle démarche qui s’apparente dans l’opinion à un fait de détournement de fonds publics. Une décision qui au demeurant serait contraire à l’article 34  qui dispose que « les droits de douane et droits indirects sont liquidés par l’administration des douanes et droits indirects et perçus par les comptables directs du Trésor dans les conditions fixées par le code des douanes ». 

Pis, répondant au rumeur une supposée « collusion financière entre Bolloré et la Douane »,  le service Communication de la multinationale française a tenu à indiquer que les procédures au sein du groupe Bolloré interdisent tout règlement d’une amende, d’une redevance par chèque à des personnes physiques ». Une position qui démontre dès lors que la note prise par la directrice des enquêtes douanières et du contentieux Patricia Loury épouse Antseleve ne répondait pas aux normes prescrites en matière de recouvrement d’une créance dû à l’Etat. « Bolloré Transport & Logistics a payé les 33 millions de FCFA correspondants aux droits et taxes par chèque à l’ordre du Trésor public et la société Expro a payé le reliquat, c’est à dire, les 66 millions à l’ordre de la Direction générale des Douanes et non à l’ordre de Mme Loury comme demandé dans sa correspondance », précise l’entreprise.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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