Gabon: seulement 2 centres de formation construits sur les 10 prévus dans le PRE

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Madeleine Berre Edmée ministre en charge de la Formation professionnelle dépassée par les événements © D.R.

Alors que la formation des jeunes devrait être une priorité pour répondre aux besoins du marché local et traiter le problème récurrent de l’employabilité des jeunes, il semblerait que cette problématique soit reléguée au second plan par le gouvernement. Ainsi, en dépit de l’objectif “prioritaire” de construction de 10 centres de formation professionnelle contenu dans le cadre du PRE, seuls deux sont en cours de construction à ce jour et deux autres spécialisés dans les NTIC et le BTP sont promis.


Censé apporter une réponse concrète aux difficultés d’ordre socio-économique que rencontre le pays depuis 2015 marqué par une crise sans précédent, des tensions de trésorerie et un manque criant d’infrastructures de base, le Plan de relance économique (PRE) n’a finalement contribué qu’à augmenter de manière vertigineuse une dette publique évaluée aujourd’hui à 5 000 milliards de F CFA. 

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En effet, ce “business plan” comme le qualifient certains, devait mettre en avant de nombreux projets d’infrastructures dont une grosse dizaine de centres de formation professionnelles pour répondre à l’inadéquation formation-emploi. Néanmoins, à l’épreuve des faits, cet objectif vendu aux bailleurs de fonds notamment le Fonds monétaire international (FMI), n’a pas été atteint. Mieux, seuls deux (2) centres de formation sur les dix (10) « promis » par le gouvernement sur la période allant de 2017 à 2019 sont en cours de réalisation, dont un (1) entièrement financé par le chinois AVIC International. 

Dans le même temps, l’École du Bois de Booué, l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Makokou, le Centre de Formation Professionnelle et de Perfectionnement agricole de Mouila, ou encore l’Ecole des métiers agricoles d’Oyem, le lycée technique de Bikélé, l’Ecole du tourisme du Cap-Esterias, qui devaient bénéficier d’une attention particulière, n’ont jusquelà pas vu les travaux avancer de quelque manière que ce soit. 

Il en ressort donc après ces bien tristes conclusions, que les objectifs de réhabilitation des centres de formation professionnel et lycées techniques existant, et de rééquipement des plateaux techniques semblent s’inscrire en pointillés. Au final, le concept « un jeune = un métier » apparaît comme un slogan politique, puisque ces jeunes représentent à ce jour plus de 35% des chômeurs dans le pays, jetant le discrédit sur ces réformes et l’ambition du PRE de créer 10 000 emplois par an désormais remplacée par la promesse du chef de l’Etat lors de son discours à la Nation du 16 août 2019 d’en créer 20 000 par an.

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