mercredi,23 septembre 2020
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Gabon : rentrés en Chine, des témoins de l’assassinat du commandant Mbina s’envolent avec leur part de vérité

Bien que n’étant pas dans le même navire que celui de Satram à bord duquel l’assassinat du commandant a été commis par les pirates, les 4 Chinois enlevés eux aussi dans la même zone dans deux navires de pêche en attente de licence, battant pavillon chinois puis libérés au Nigeria ont été incompréhensiblement rapatriés en Chine, au nez et à la barbe du Gabon, pays dans lequel l’attaque s’est produite. Une démarche qui illustre l’apathie et la léthargie du gouvernement gabonais incapable de faire preuve d’autorité dans une affaire non élucidée qui a coûté la vie à un de ses valeureux compatriotes.     

Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 décembre 2019 vers 3 heures du matin, des pirates non identifiés ont pris d’assaut un navire le Tropic Down qui venait d’appareiller du port d’Acaé, en partance pour la capitale économique Port-Gentil, ainsi que deux navires de pêche en attente de licence, battant pavillon chinois. Le bilan, un mort, le regretté commandant Aymard Mboumba Mbina et quatre ressortissants chinois employés de la société Sigapeche pris en otage par les pirates.  

Le jeudi 9 janvier 2020 soit 3 semaines après la prise d’otage, les 4 ressortissants chinois ont été libérés au Nigeria et immédiatement rapatriés le 12 janvier, dans leur pays d’origine la Chine au terme d’une « coopération étroite entre le consulat, la marine et la police nigériane » quatre Etats concernés par l’attaque sauf un, le Gabon, laissé pour compte, ou mieux, négligeant et atonique ne s’est pas rapidement manifesté afin d’être intégré dans la procédure, laquelle aurait permis de lever le voile sur certaines questions entourant cette attaque pirate. Le gouvernement gabonais at-il fait preuve de négligence ou son inaction s’expliquerait-elle  par une méconnaissance accrue des conventions internationales dont ils sont pourtant signataires ? Rien, concrètement n’explique ce manque de réactivité. 

Le gouvernement gabonais n’a décidément pas pris la mesure de cette attaque qui a clairement porté atteinte à la sûreté de l’Etat. Ces sujets chinois ont été enlevés par les mêmes pirates que ceux à l’origine de la mort de notre compatriote. Ils ont donc pu les voir, écouter des conversations et repéré l’endroit à partir duquel ils opéraient.  

Comment le ministère de la justice a t-il pu passer outre cette possibilité qui aurait pu participer à la manifestation de la vérité alors que la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) ont signé une convention d’entraide judiciaire en matière pénale ?

Sur la question, un spécialiste en droit de l’université Omar Bongo estime qu’en prenant appui sur cette convention « le parquet de Libreville pouvait faire valoir cela pour soit demander au Nigeria de renvoyer les ex-otages au Gabon pour les besoins de la procédure; soit lui-même se déporter au Nigeria pour les interroger et demander à Abuja de les garder sur leur sol tant que l’enquête au Gabon n’était pas bouclée » précisait-il. 

Une démarche mais surtout une négligence active qui fait présumer une volonté du pouvoir gabonais de ne pas faire la lumière ce drame aux origines toujours occultes. Pourquoi ?  Pourquoi ne veut-on pas élucider cette affaire ? Quel intérêt pour le gouvernement si ce n’est pour crédibiliser la position de l’opinion laquelle croit mordicus à un coup monté par le pouvoir luimême? 

Déjà pointé du doigt pour la pauvreté de son armée, l’apathie de la justice, cette nouvelle déconvenue consacre la faiblesse et l’impuissance manifeste du gouvernement gabonais à protéger ses eaux. Dans cette affaire, le seul message envoyé aux pirates est le suivant, « dans les eaux gabonaises, ont peu aisément et impunément venir piller et tuer sans craindre de son gouvernement une quelconque réaction ».  Quel déshonneur!

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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