Gabon: réduction de 50% de la MONP, la fausse bonne idée du gouvernement

Le ministre de la Fonction publique, de l'Innovation du service public et du Travail Madeleine Berre © D.R

Alors que finalement très peu de décisions ont été prises lors du conseil des ministres de ce vendredi 29 mars, l’une d’entres elles mérite qu’on s’y attarde de par la préoccupation majeure à laquelle elle est foncièrement liée. Cette décision est la réduction de moitié des agents de la Main d’Oeuvre Non Permanente (MONP). Décision qui apparaît selon le gouvernement, comme une solution pour réduire le montant colossal que représente la masse salariale. Explications.



Très attendu, le conseil des ministres de ce vendredi a finalement accouché de très peu de décisions convaincantes. Si le projet de loi portant abrogation de l’ensemble des lois et décrets qui créent les services publics supprimés a été adopté, entérinant ainsi la suppression de pas moins de 14 agences, une autre décision de suppression a elle été proposée lors de ce conseil des ministres.

En effet, la ministre de la Fonction  publique de l’Innovation du service public et du Travail Madeleine Berre, a proposé trois mesures « tirées  des recommandations  du Plan de Relance de  l’Économie (PRE) et de la  Task Force sur les Finances Publiques ». L’une de ces mesures s’articule autour de « la  réduction  de 50% de  la Main d’œuvre  Non Permanente (MONP) », ce qui en soit, constitue une vraie fausse bonne idée.

En réalité, cette mesure, si elle peut s’expliquer sur la forme, avec les nombreuses pressions qui pèsent sur le gouvernement en matière de réduction de la masse salariale, ne peut constituer une solution viable. Quand on sait que la plupart des agents de la MONP, font des doublons avec des prestataires grassement payés par l’État, on se rend compte que cette décision n’est qu’un leurre à la réduction du train de vie de l’État.

Évaluée à près de 700 milliards de Fcfa en 2018 pour plus de 102000 agents publics, la masse salariale de l’État gabonais est aujourd’hui « insoutenable ». Alors qu’elle ne représentait que 15,9% des ressources budgétaires en 2005, elle représente aujourd’hui plus de 50% des dépenses de l’Etat, un ratio plus élevé que la moyenne en zone Cemac qui est de 35%.

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