Gabon: Rationalité, pouvoir et Sommets de l’État

Wilson-André Ndombet, Professeur titulaire des universités © Facebook

Lorsqu’on est aux Sommets de l’État, il importe de se souvenir qu’on est et restera toujours un homme à qui incombe la responsabilité de ses actes, de tous ses actes. D’où il appartient à celui qui en porte la charge de se revêtir d’un maximum de clairvoyance , d’humilité, de hauteur de vue, bref d’épistémologie de la connaissance.



Ainsi, cette dernière permet par l’analyse critique, qui en est le fondement, d’initialiser des processus décisionnels qui ne soient point regrettables ou récriminateurs. Cela autorise aussi qu’on n’ait le regard en permanence rivé sur le miroir du trouble de l’erreur du passé. À illustrer  par des questionnements selon lesquels « si je savais, j’aurais dû proposer ou faire… », « j’aurais pu éviter…; pourtant j’avais cru bien percevoir apprécier… , etc ». Dans ce cas, on est indubitablement dans l’hérésie.

C’est pourquoi, il convient de bien s’illuminer d’instruments de connaissances pour se prémunir de l’effroyable tribunal de la populace effrénée ou diktat de la volonté générale : au moins face au moment du renouvellement du « trust », du mandat, lors des différents processus électoraux et, notamment, présidentiels.

Ainsi, lorsqu’ on est déficitaire aux Sommets de l’État,  on s’entoure sans complexe d’essences intellectuelles aussi  moins prédatrices que plus vives et de patriotes véritables de préférence convaincus de son propre camp politique  – d’après le principe selon lequel lorsqu’on a gagné majoritairement des élections parlementaires dans des conditions supposées normalement transparentes et incontestées, pour être au gouvernement, on gouverne.

Toute chose au bénéfice du développement du pays et de son peuple alors bien entendu à sortir  de la pauvreté et, donc, de la détresse.

Peut-on ignorer qu’on vit dans l’extrême pauvreté et la détresse aujourd’hui au Gabon? À tout le moins, si c’est bien cet objectif poursuivi par le PDG, parti au pouvoir, considérant le chaos éblouissant tous azimuts en matière de de développement sociopolitique économique et culturel de notre pays, pourquoi s’obstiner dans l’erreur et ne pas avouer ses limites ou les failles de son système de gouvernement depuis  longtemps à bout de souffle, surtout après cinquante ans de règne ?

Tout le monde peut s’accorder pour attester que cette trop longue durée de règne n’a pas été visiblement capitalisée et potentialisée  (dette publique et extérieure abyssale, écoles et universités insuffisantes et saturées, routes cahoteuses et insuffisantes, mercénariat et prévarication des deniers publics, enrichissements illicites, droits de la personne humaine en berne, crimes rituels non élucidés et récurrents, dépravation des moeurs, etc.).

En outre, au lieu de quitter honorablement les rênes du pouvoir, pourquoi s’entêter à rejeter une alternance clairement désirée et manifestée dans les urnes par tout le peuple gabonais, toutes communautés culturelles confondues, le 27 août 2016?

Qui y gagnerait ou a intérêt que cette situation générale perdure avec un peu de rationalité? Quitte à négocier sous cape pour sauver l’honneur de tous pour emprunter à la  diplomatie silencieuse propre à la culture de nos corps de garde et/ou temples ancestraux.

Sauf à être le parti de l’étranger ou souhaiter vivement  le déluge au Gabon tout entier, notre pays à tous!

À n’en point douter, pour entrer dans l’histoire par les Sommets de l’État avec l’adhésion du plus grand nombre, point d’improvisation, point de routine; mais oeuvrer avec davantage  de pertinence, de clairvoyance et d’efficacité pour une meilleure performance et efficience des actes posés.

Wilson-André Ndombet

Professeur Titulaire des Universités.

 

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