Gabon: qui a vandalisé l’école publique de l’ENS B?

Le batiment à nouveau reneauvé de l'école publique ENS B © GMT

Récemment rénovée, par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba (FSBO), l’Ecole publique de l’ENS B, située dans le 1er arrondissement de Libreville, a été vandalisée et ses murs recouverts d’insultes, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 mai 2018, par des personnes jusqu’ici inconnues. Seulement, depuis cet acte d’incivisme, qui tranche avec les précédents, à caractère politique, une véritable chasse à l’homme a été déclenchée pour retrouver les coupables.

Rénovée le 7 avril dernier par la FSBO, dans le cadre des journées citoyennes, l’école publique de l’ENS B, a été la victime d’un acte de vandalisme le week-end dernier. Devenu rapidement viral sur les réseaux sociaux du fait de son caractère politique, celui-ci a suscité de nombreuses réactions, à l’instar de celle du Directeur du cabinet du président de la République. Une situation qui a conduit les autorités à réagir promptement en dépêchant plusieurs services compétents sur les lieux afin de s’enquérir de la situation.

Sur place les enseignants sont abattus, désabusés et encore sous le choc après les évènements du weekend. Eux qui pourtant, quelques heures avant les actes de vandalismes, mettaient en place la première Association de parents d’élèves (APE). Si une couche de peinture a été faite, le jour d’après, pour épargner aux apprenants le même traitement qu’à leurs enseignants, la barbarie des actes du 19 mai restent gravés dans les mémoires. En effet, plusieurs murs dudit établissement ont étés recouverts de termes hostiles au régime en place, «non au PDG», «non à Ali», «laissez nous notre quartier», ou encore «non à Sylvia». Outre ces messages, on compte pas moins de 8 latrines vandalisées.

Le directeur de l’établissement, Claude Mve, qui fut le premier à constater les faits, le dimanche 20 mai, de bonne heure, n’a pas manqué de déplorer une telle situation. «J’aimerai dire à tout le monde que l’école est un milieu laïque. Sans attachement politique, sans connotations religieuses. C’est une chance que notre établissement ait été retenu par la FSBO, il est de notre ressort de bien l’entretenir», a-t-il déclaré.

Seulement après l’alerte donnée par Claude Mve, un impressionnant balai d’autorités s’est penché sur le cas de l’ENS B. En effet en 3 jours, le directeur dudit établissement a reçu les services de la gendarmerie, le dimanche, la police le lundi, le maire du premier arrondissement de la capitale, la Direction générale de recherches, et le ministère de l’Éducation nationale le mardi. À cet effet, Claude Mve, a indiqué qu’une information judiciaire a d’ores et déjà été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Sur les lieux, Gabon Media Time a pu recueillir l’avis d’un émissaire dépêché par le ministre de l’Éducation nationale. «C’est écoeurant de constater que l’incivisme a atteint des degrés tel que l’école qui est un sanctuaire, qui était autrefois sacralisée, est devenu la victime de citoyens épris par je ne sais quel esprit», a martelé Christian Louembet-Onguele, directeur général adjoint 1 de l’enseignement scolaire et normal, avant d’ajouter qu’«après tant d’efforts fait par la première dame pour rénover cet établissement, c’est dommage que des individus viennent saccager ce qui est sensé améliorer le cadre de vie de leurs enfants».

Si aucune solution concrète, excepté l’interpellation des parents d’élèves, n’a été évoquée pour résoudre le problème de l’insécurité, qui est présent au sein de cet établissement depuis plus d’une décennie, le corps enseignant qui vit dans un état de psychose permanent espère néanmoins que le caractère exceptionnel de l’acte perpétré quelques jours avant, viendra les libérer de leurs angoisses.

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