Gabon: quatre militaires accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de destruction de biens

Quatre des militaires auteur de l'assaut de Radio Gabon © D.R

Après la tentative de coup de force orchestrée par le Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS) conduit par le lieutenant Kelly Ondo Obiang, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville a tenu à donné les premiers éléments de l’enquête ouverte à la suite de cette affaire.

Dans sa déclaration, Olivier Nzaou a tenu à livrer des détails de l’enquête ouverte par la justice à la suite du coup de force du lundi 7 janvier 2019. Ainsi, contrairement aux informations données par le porte-parole du gouvernement Guy Bertrand Mapangou, le nombre de personnes impliquées est de 6 dont deux ont été abattues lors de l’assaut de la gendarmerie nationale.

Des quatre éléments qui ont été interpellés, on cite notamment le chef du commando lieutenant Kelly Ondo Obiang âgé de 26 ans et originaire de Mitzic dans le nord du pays ; l’adjudant Estimé Bidima Manongo 39 ans, originaire de Koulamoutou, le sergent-chef major Dimitri Wilfried Nze Minkom 40 ans, originaire de Bakoumba et le sergent Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor. Ces militaires en service à la compagnie d’honneur de la garde républicaine ont fait irruption lundi aux alentours de 3 heures du matin dans les locaux de la radio et de la télévision publiques, après avoir mis en joug les quatre gendarmes de faction.

Le procureur a indiqué par la suite que ceux-ci auraient « convaincu l’un des gendarmes, notamment l’adjudant Simon-Pierre Ekong, en service à l’escadron de la gendarmerie nationale de se joindre à eux, à l’effet d’utiliser la radio et la télévision nationales pour informer l’opinion de ce qu’ils se sont emparés du pouvoir au Gabon. Non sans inviter toutes les forces vives et les populations à se rallier à leur cause ».

Des cinq éléments qui constituaient le commando, s’était ajouté le sergent-chef Abel Ralem Ango en service à la 2e compagnie de la GR. Après plusieurs tentatives de dissuasion par le GIGN, les putschistes auraient ouvert le feu sur  les agents des forces de défense et de sécurité. L’échange de tirs aurait conduit à la mort du sergent Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor et l’adjudant Simon-Pierre Ekong, tandis que les 4 autres militaires seront appréhendés.

Selon les termes du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville les quatre survivants de ce coup de force ont été inculpés « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et de destruction de biens publics mobiliers et immobiliers, infractions prévues et punies par les dispositions des articles 68, 332 et 335 du code pénal ». Il faut rappeler que ces dispositions prévoient entre autres la réclusion criminelle à perpétuité.

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