dimanche,27 septembre 2020
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Gabon: quand Ntoutoume Emane tente de gruger l’Etat dans une vente de parcelle

L’affaire pourrait susciter un véritable scandal dans l’opinion au regard du passé de la haute personnalité impliquée, en l’occurrence Jean François Ntoutoume Emane. Selon des documents confidentiels consultés par Gabon Media Time, l’ancien Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba de 1999 à 2006, après avoir cédé une parcelle de terrain sis à Mindoubé dans le 5ème arrondissement de Libreville, aurait tenté malicieusement de revendre ladite parcelle à des particuliers, au mépris des clauses de la convention passée entre ce dernier et l’Etat gabonais. 

En effet, par convention n°0008 du 08 mars 2013, l’ancien maire de la commune de Libreville, grand propriétaire terrien au quartier Mindoubé dans le 5ème arrondissement, cédait à l’Etat gabonais la parcelle N°20 section AP située dans cette zone pour le faramineux montant de 3 milliards 300 millions de FCFA. L’Etat procédera par la suite à la cession de ladite parcelle à la Caisse de dépôts et de consignations (CDC) par décret n°0425/PR/PEEDD/DGI/DDOF du 11 avril 2013. 

Pour matérialiser la pleine propriété, l’institution financière procédera à la réquisition de l’immatriculation foncier n°1152 du 25 septembre 2013 avec à terme la délivrance d’un titre foncier n°21081 du 04 janvier 2018. Une procédure somme toute normale en matière d’acquisition foncière. 

Copie de la correspondance de Jean François Ntoutoume Emane adressée au directeur général de l’ANUTTC © GMT

A noter que dans le cadre de cette cession, le paiement aura été effectué par l’établissement financier au profit de Jean François Ntoutoume Emane. Sauf que peu de temps après cette « transaction immobilière », des activités pour le moins curieuses sur ladite parcelle sont observées. L’ancien Premier ministre dit-on, aurait non seulement frauduleusement vendu des parcelles à  une quarantaine de Gabonais, mais aussi autorisé du maraîchage sur le terrain, moyennant des loyers. 

Une situation qui aurait contraint l’Etat, via la CDC, à saisir la justice, après une tentative de conciliation qui se serait heurtée au refus de l’ancien maire de Libreville d’entendre raison, au prétexte non seulement qu’il ignorait que l’Etat avait cédé la parcelle à la CDC, mais surtout que le titre foncier de cette dernière se superposerait à son titre foncier référencé n°1636. Une justification pour le moins abracadabrantesque qui n’aura pas convaincu la justice qui autorisera l’expulsion forcée des occupants illégaux le vendredi 28 septembre 2018. 

Si dans l’opinion cet acte de l’ancien Premier ministre et ancien maire de Libreville dénote d’un comportement mafieux, elle laisse perplexe sur la suite de celle-ci, surtout lorsqu’on apprend que des faux documents auraient été montés de toutes pièces pour tenir sa position. Un subterfuge qui d’ailleurs n’aurait pas prospéré puisque malgré un pourvoi en cassation, Jean François Ntoutoume Emane n’aura pas eu gain de cause. Nous y reviendrons.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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