Gabon: quand les associations politiques prennent le pouvoir au détriment des partis

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Longtemps considérés comme les vecteurs de la vie politique, les partis politiques semblent désormais en perte de vitesse depuis la dernière élection présidentielle et ne suscitent plus d’engouement auprès des jeunes, qui y voient des vestiges d’un passé appelé à disparaître. Les jeunes qui constituent le gros de l’électorat au Gabon,  préfèrent lancer leurs propres mouvements ou se tourner vers les associations. Une observation qui laisse présager un véritable changement de paradigme dans la façon d’appréhender l’activité politique dans le pays.

On assiste depuis 2016 à une véritable remise en cause de la structure sociétale. L’élection présidentielle d’août 2016,  a vu de nombreuses associations s’impliquer pleinement sur la scène politique. Les deux principaux candidats lors de ce scrutin ont été en grande partie soutenus par ces organisations citoyennes, qui peu à peu se sont érigées en forces politiques indéniables.

Il faut dire que cet état de fait est la résultante de plusieurs facteurs. Le vieillissement de la classe politique, la prise de conscience de la force que constitue la jeunesse (65% de la population gabonaise) et un niveau excessivement bas de confiance dans les partis politiques. C’est ainsi que pour ne pas s’encastrer dans les méandres sinueux des organigrammes des partis politiques, beaucoup ont fait le choix de mouvements ou associations citoyennes.

Les jeunes ont compris la nécessité de s’affirmer pour gravir avec plus d’aisance, les échelons du monde politique. La nouvelle génération a décidé de se tourner vers un autre style institutionnel. C’est ainsi que les associations telles que le club de réflexion et d’actions citoyennes (CRAC), le cercle d’action et de soutien d’Ali Bongo Ondimba (CASABO), l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV) du coté du pouvoir, Challenge nationaliste (CN), le Front des jeunes de l’opposition (FUJO) ou La Voie du peuple en parlant de l’opposition, n’en finissent pas d’enregistrer chaque jour de nouveaux membres.

Les associations politiques semblent offrir aux jeunes un choix plus large en matière de carrière politique, et une plateforme d’expression.

Pour de nombreux analystes, cette ruée de la jeunesse vers les mouvements associatifs n’est pas anodine, elle est la suite logique du printemps arabe qui avait vu une implication très active de la société civile et des jeunes en particulier en Afrique. Au Gabon la configuration, bien que marquée par un dualisme de camp, est au vu des événements appelée à évoluer.

Tous partent en effet du constat que la politique s’est éloignée des populations, ils pensent d’ailleurs que les politiques au sens traditionnel du terme sont corrompus. Il y a donc une urgence démocratique face à ce rejet des partis et la solution palliative semble toute trouvée au sein de ces mouvements de jeunes qui sont prêts à prendre le pouvoir.

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