lundi,26 octobre 2020
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Gabon : quand le gouvernement fait du partenariat public privé son nouveau modèle de développement

Arrivé au terme d’une décennie marquée par des projets à la fois démesurés et budgétivores ayant conduit à une augmentation substantielle et constante de l’encours de la dette publique gabonaise, le gouvernement gabonais semble s’être trouvé un nouveau modèle de financement pour ses projets, à savoir : le partenariat public privé (PPP). Défini comme un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement, ce mode de financement ne fait pourtant pas l’unanimité. 

Dans un contexte où les chiffres de l’économie soulignent de nombreux dérapages budgétaires, et une absence de rigueur dans la prise de décisions et l’optimisation des ressources comme en témoignent l’explosion de la masse salariale, le gouvernement gabonais se trouve au pied du mur pour ce qui est du financement de projets de développement. Loin d’avoir pu réaliser son ambitieux Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) malgré des dotations colossales, celui-ci s’est tourné vers les partenariats publics privés (PPP) pour financer ses projets. 

En effet, preuve que ce mode de financement est aujourd’hui érigé en norme dans le financement de projets, le 24 octobre dernier, le gouvernement a signé deux importants contrats avec Meridiam. Cette société française indépendante basée à Paris et spécialisée dans le développement, le financement et la gestion de projets d’infrastructures publiques sur le long terme, sera au coeur de deux vastes chantiers d’un montant global de 700 milliards de FCFA. 

Portant sur la construction d’un nouveau complexe hydroélectrique d’une capacité de 35 MW en aval du barrage de Kinguélé, la signature de ce projet d’envergure s’est accompagnée de celle portant sur la réalisation des 780 km de routes de la très attendue Transgabonaise. Ces deux projets sous la forme de PPP qui sont à ce jour les plus lourds d’un point de vue économique, soulignent les difficultés de gestion d’un gouvernement qui malgré des recettes pétrolières de l’ordre 533 milliards de FCFA à fin septembre, peine à stabiliser son tissu économique. 

Apportant davantage de célérité dans la réalisation de projets à l’instar de la route Port Gentil -Omboué ou encore du New Owendo International Port (NOIP) détenu à 25% par Meridiam, il revient sans aucun doute plus cher à l’Etat qu’une maîtrise d’ouvrage publique, « ne serait-ce que parce que les entreprises empruntent aux banques à un taux plus élevé que le secteur public » comme l’a souligné Jean-Pierre Sueur un sénateur français. 

Si  dans les faits, ce type de partenariat offre plus de largesses au gouvernement puisque l’entreprise est garante des délais de construction ainsi que du rendu final du projet, pour ce qui est du Gabon il souligne à la fois l’incapacité du gouvernement à mobiliser des ressources propres, mais aussi son incapacité à juguler le phénomène de corruption grandissante au sein de l’administration, et qui au final obère les perspectives d’une économie tributaire des emprunts.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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