Gabon: des pygmées de minvoul dorénavant immatriculés CNAMGS

Immatriculation Cnamgs dans la province du Woleu-Ntem © D.R

Les agents de la délégation provinciale de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs) ont procédé du 12 au 13 mars dernier à l’immatriculation des Pygmées de Minvoul, chef-lieu du département du Haut-Ntem. C’est donc 54 d’entre eux détenant des actes de naissance qui ont pu bénéficier de cette caravane d’immatriculation de proximité, l’occasion était aussi propice au paiement des allocations à 86 personnes handicapées de la localité.



D’un point de vue historique, considérés comme les autochtones du Gabon, les pygmées ont été la cible de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs) du 12 au 13 mars dernier. En effet, c’est accompagné de sa délégation que Bertille Andeme Moukagha a sillonné les villages de Minvoul dans le Haut-Ntem pour y recenser et immatriculer les Baka. C’est ainsi que les villages Esseng, Elarrmitang, Doumassi et Zanga ont vu le dispositif s’installer pour au final enregistrer 54 Baka détenteurs d’une pièce d’identité ou d’État civil.

Pour sa part, le chef de village de Doumassi Patrice Mbiame a pointé du doigt la mise à l’écart volontaire des Pygmées de toute procédure civile. « Les pygmées ne déclarent pas leurs naissances auprès des autorités municipales. Ils ne tentent même pas de régulariser les situations de leurs enfants, même des années après la venue au mode de ces derniers. Je ne sais pourquoi exactement mais ils préfèrent accoucher à domicile avec les ustensils de tradition ancestrale », a-t-il confié au quotidien L’Union.

Si la délégation a pu nourrir des regrets, elle peut néanmoins se targuer d’avoir pu toucher une population retirée et oubliée de tous. « Cette visite en terre du peuple autochtone entrant dans le cadre de la proximité prônée par la Cnamgs afin de rendre accessibles à tous les soins de santé.C’est aussi le moyen de concrétiser en actes, auprès de ce peuple Baka, la politique de l’égalité des chances d’Ali Bongo Ondimba, à l’endroit des Gabonais de toutes les catégories sociales », a précisé Bertille Andeme Moukagha.

La visite s’est poursuivie par le paiement d’allocations annuelles à 86 personnes vivant avec un handicap. Mais la Cnamgs s’est heurtée au défaut des pièces d’identité justifiant qu’ils en sont ayants-droit. Ce qui ne manquera certainement pas d’interpeller le préfet François Lemongo qui doit entamer des campagnes de régularisation de situations civiles pour les Baka et les autres concitoyens apatrides. Rappelons à toutes fins utiles que la population nationale ne prend en compte que les personnes à jour de leur civilité.

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