vendredi,27 novembre 2020
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Gabon: PSGE, ANGTI, PRE, symbole d’une gouvernance à l’échec manifeste

En actant la suppression de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) lors du conseil des ministres de ce vendredi 2 octobre, l’exécutif a en substance reconnu l’échec de sa gouvernance en matière d’infrastructures. Si l’on y ajoute l’échec du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et celui plus récent du Plan de relance économique (PRE), ce sont quasiment dix ans d’échec manifeste.

Il devait contribuer à « réhabiliter la volonté politique et l’ambition dans la pensée collective gabonaise », mais il n’aura finalement contribué qu’à accentuer la dévalorisation de l’action publique et « décrédibiliser » la parole politique. Présenté comme une combinaison ambitieuse des différentes forces du Gabon, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) n’aura finalement eu que peu d’impact.

Le PSGE une utopie, l’émergence un slogan

En effet, axé sur trois piliers « Gabon industriel », « Gabon vert », « Gabon des services » et piloté en grande partie par l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) devenu par la suite Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI), le PSGE constitue aujourd’hui dans l’opinion une hérésie aux coûts faramineux (plus de 12000 milliards de FCFA). Dilué depuis par un exécutif en panne de solution, ce « Plan » se sera donc révélé un échec global, malgré quelques timides réussites.

Reléguant l’émergence un « slogan » aux yeux de populations qui ont vu l’écart entre les mieux nantis et les plus défavorisés se creuser considérablement comme en témoigne la proportion des précarisés (plus de 600 000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté), le PSGE a donc en dix ans, accentué « le paradoxe socio-économique du Gabon qui de par son PIB appartient au groupe des Pays à revenus intermédiaires (PRI), tout en s’apparentant de par ses indicateurs sociaux au groupe des Pays les moins avancés (PMA) ».

Le PRE une hérésie, la relance économique un discours

Comme si cela ne suffisait pas, l’exécutif s’est lancé, au sortir de la crise pétrolière de 2016, dans une politique de surendettement ponctué par la conclusion en juin 2017 d’un accord élargi au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). D’un montant de 642 millions de dollars soit 215% de la quote part du pays, cet accord aura été un catalyseur de financements (BAD, Banque mondiale, AFD…), mais n’aura que peu servi les intérêts des populations. 

Loin de ses objectifs qui étaient principalement axés autour de l’idée « d’impulser une dynamique nouvelle à la mise en œuvre du PSGE », le PRE qui entendait « générer une plus grande implication du secteur privé et une croissance durable et inclusive capable de transformer en profondeur notre économie », aura finalement été cette « hérésie » pointée du doigt par l’ancien premier ministre Raymond Ndong Sima, et le symbole le plus récent de l’échec manifeste d’une gouvernance sans fondements.

Du PSGE au PRE, en passant par l’ANGTI qui devait contribuer à la rationalisation et au renforcement du secteur des BTP mais également à l’amélioration de la politique publique en matière de passation de marchés, et bien d’autres « solutions cosmétiques », l’exécutif n’aura obtenu que peu de résultats probants. Si l’on y ajoute l’explosion de la masse salariale établie à près de 650 milliards de FCFA à fin décembre 2019 pour plus de 106000 agents, il en résulte une nécessité de changer de paradigme.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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