Gabon: près de 900 milliards dépensés en salaire et en intérêt de la dette en 2018

Le trésor public gabonais © D.R

Édifiant sur bien des aspects de notre économie, le dernier rapport d’exécution budgétaire élaboré par le ministère du Budget et des Comptes publics vient d’être publié. S’il met principalement en avant un léger excédent budgétaire, il en ressort surtout qu’au 31 décembre 2018, les dépenses de personnel de l’Etat se sont  élevées à 684,3 milliards de Fcfa, quand dans le même temps les intérêts de la dette ont représenté plus de 211 milliards.



Alors qu’en 2017 le gouvernement mettait en oeuvre son Plan de relance de l’économie (PRE) avec l’appui des partenaires techniques et financiers pour « impulser une nouvelle dynamique économique », il semblerait que ce PRE soit littéralement un échec. Ainsi, au regard des chiffres faramineux de la masse salariale et des intérêts de la dette inscrits dans le dernier rapport d’exécution budgétaire, il en ressort que les objectifs sont loin d’être atteints.

En effet, si l’on se fie à ce programme qui s’articulait principalement autour de « l’optimisation des dépenses », et qu’on analyse le niveau actuel de la masse salariale estimée à 684,3 milliards de Fcfa, soit 107% du taux d’exécution par rapport à la prévision de 640,8 milliards pour 2018, on se rend compte que ce poste de dépense constitue un véritable goulot d’étranglement. Si l’on ajoute à cela les intérêts de la dette qui culminent à plus de 211,5 milliards de Fcfa fin 2018 contre une prévision révisée de 231,9 milliards de Fcfa, autant dire que la dette ne cessera pas d’augmenter, au regard du risque éventuel de dévaluation qui plane sur le Fcfa.

Par ailleurs, si la volonté des pouvoirs publics est « d’atteindre les équilibres macroéconomiques susceptibles de favoriser le retour à une croissance pérenne », le niveau globalement important de ces deux postes de dépense en 2018, suscite bien des interrogations. Autant dire que le chemin pour sortir de cette crise, est encore bien long à parcourir, malgré la mise en oeuvre de réformes dont la teneur déchaîne les passions.

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