Gabon: près de 5,6 milliards de recettes budgétaires affectées par an, à quoi sert le fonds d’entretien routier?

Un bourbier sur l'axe Ovan-Makokou © D.R

Exigé par les bailleurs de fonds dès 1993 pour assurer « un entretien convenable » des routes, le Fonds d’Entretien Routier (FER) devait permettre de limiter le recours systématique aux emprunts et aux prestataires. Créé suite aux manquements constatés dans l’entretien des infrastructures routières, ce FER est aujourd’hui loin d’atteindre les objectifs escomptés.

GABON LIBREVILLE

Le piteux état du réseau routier gabonais avec des tronçons à l’image du linéaire Libreville-Kango ou encore Ovan-Makokou, suscite un certain nombre d’interrogations. Découlant principalement du fait que l’Etat prélève un certain nombre de taxes liées à l’entretien des infrastructures routières existantes, ces questions tournent également autour de l’impact et de l’utilité du Fonds d’entretien routier (FER).

Créé en 1993 suite aux manquements constatés dans l’entretien des infrastructures routières existantes, ce FER aurait dû non seulement garantir la qualité du réseau routier, son entretien, et sa durée. Or, force est de constater que malgré l’affectation de plus de 5,6 milliards de Fcfa par an, soit plus de 15 milliards de Fcfa au cours des 3 dernières années, ce Fonds routier n’apporte pas de valeure ajoutée.

Pis, avec pour objectif d’assurer « un entretien convenable » des routes et des voiries urbaines, ce Fonds n’a jusque là pas été à la hauteur. Contraint de recourir à des emprunts pour financer l’aménagement ou le réaménagement de son réseau routier à l’image des 28 milliards de Fcfa reçus de Banco Santander, l’Etat gabonais continue pourtant d’asphyxier les populations avec une multitude de taxes affectées à ce fonds.

Si d’aucuns se réjouissent du fait que 672 km de routes bitumées ont été construits et finalisés sur 11 tronçons routiers, entre 2009 et 2016, il apparaît clairement que ces chiffres demeurent insignifiants au regard des sommes faramineuses engagées sur ladite période et au delà. Le seul FER, a déjà reçu au minimum 137 milliards de Fcfa depuis sa création.

Exigé par les bailleurs de fonds au début de la décennie 90 lors du lancement du Programme d’Aménagement du Réseau Routier (PARR), ce Fonds d’Entretien Routier dont l’Agence nationale des Grands travaux d’infrastructures (ANGTI) constitue indéniablement un doublon, en plus des subdivisions des TP, est plus que jamais un gouffre financier pour l’Etat gabonais.

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