Gabon : près de 20 000 séropositifs «perdus de vue»

Centre de traitement ambulatoire © D.R

La Journée mondiale de lutte contre le Sida a été célébrée ce samedi 1er décembre dernier au Gabon comme partout dans le monde entier. Le fléau demeure préoccupant au vu des comportements à risque et du nombre sans cesse croissant de personnes dépistées séropositives mais « perdues de vue » par les autorités sanitaires, d’après les chiffres rapportés par le quotidien L’Union dans sa parution du samedi 1er décembre.

Le thème choisi pour cette 30e Journée mondiale de lutte contre le Sida,  « Connais ton statut sérologique », a été l’occasion pour le Gabon de mettre l’accent sur le dépistage chez les jeunes, alors que les statistiques du VIH-Sida dans notre pays restent inquiétantes. Il ressort en effet que depuis le début de l’épidémie au Gabon, 18 903 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont « perdues de vue » donc 2 000 pour la seule année 2016.

Des chiffres qui peuvent s’expliquer par le fait que de nombreux compatriotes refusent d’affronter leur statut sérologique par ignorance des effets des antirétroviraux, par déni et par crainte d’être stigmatisés ou discriminés par leurs proches. Ceci prouve encore une fois que l’un des premiers pas pour un séropositif est l’acceptation de la maladie, d’où l’importance du suivi psychologique au sein des Centres de traitement ambulatoire (CTA).

Le nombre important de « perdus de vue » qui ne cesse de croître d’année en année ne devrait pas interpeller que les pouvoirs publics mais aussi les familles qui par les jugements qu’ils portent poussent les malades à se recroqueviller. Toute chose qui participe un tant soit peu à la prolifération du virus surtout que les autorités sanitaires ne savent toujours pas que deviennent ces personnes.

Par ailleurs, le Gabon a enregistré pour l’année 2018, pas moins de 7 000 nouveaux cas de séropositifs inscrits dans les centres de prise en charge. Étant entendu que plusieurs personnes ignorent leur statut sérologique et certaines, bien qu’au courant, choisissent de ne pas fréquenter les CTA participant à biaiser la réalité des chiffres.

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