Gabon: pourquoi ne pas surtaxer les produits du tabac? 

A l’heure où l’Économie gabonaise est en plein marasme suite à la baisse drastique des recettes pétrolières, il paraît aujourd’hui indispensable de réfléchir à de nouvelles sources de revenus. Ainsi, alors que d’aucuns évoquent une diversification économique quasi impossible au regard de l’important volume d’investissements qu’il faudrait consentir, une solution pourrait être de surtaxer les produits du tabac. 


Entre diversification de l’Économie, développement du secteur agricole, de la filière aurifère, et multiplication de taxes à l’image de la très controversée Taxe sur les ordures ménagères, le gouvernement a axé son discours sur la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement de notre économie, sans pour autant évoquer les taxes sur les produits du tabac, qui pourraient pourtant rapporter gros. 

En effet, avec un prix fixé à 1000 Fcfa le paquet de Marlboro, la cigarette qui tue chaque année pas moins de 600 personnes au Gabon, coûte 5000 Fcfa de moins qu’aux Seychelles par exemple. Or, au regard du nombre important de morts que cause le tabagisme au Gabon, une surtaxation du tabac serait un excellent moyen de dissuasion mais aussi de créations de richesses.

Avec pas moins de 600 cigarettes par an et par personne de plus de 15 ans selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le marché du tabac qui échappe aux radars de la taxation, pourrait pourtant rapporter gros. Si l’on se base sur les projections Afrique centrale, c’est plus de 35% de la population gabonaise qui participe à l’expansion du tabagisme, qui selon l’OMS, coûte 1 400 milliards de dollars par an en termes de dépenses, soit 1,8 % du produit intérieur brut mondial. 

A titre d’exemple, en France (même s’il est vrai que les marchés ne sont pas comparables), les ventes de tabac ont rapporté pas moins de 15 milliards d’euros à l’Etat en 2018, ce qui représente un peu moins de 6% de l’ensemble des recettes et l’équivalent du PIB du Gabon. Elles pourraient donc représenter par an une somme chiffrée à plusieurs milliards de Fcfa, tout en augmentant les recettes budgétaires, en améliorant la santé, en réduisant le coût des charges CNAMGS pour l’Etat, et en limitant l’impact négatif de cette substance sur l’environnement. 

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