samedi,6 mars 2021
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Gabon: pour financer son PAT, l’exécutif entend lever près de 900 milliards sur les marchés régionaux

L’opération de charme entamée le 13 janvier dernier à Douala, par la délégation gabonaise composée notamment des agents des administrations du Trésor et de la Dette, a semblet-il laissé planer un vent d’euphorie auprès des autorités. Et pour cause, partie avec l’ambition de décrocher des promesses de financements de l’ordre de 320 milliards de FCFA, l’exécutif a changé son fusil d’épaule et entend désormais rafler près de 900 milliards de FCFA en 2021 comme l’assurent nos confrères de l’Agence Ecofin.

Alors qu’il vient de lancer en grande pompe son « Plan d’accélération de la transformation » à l’issue du séminaire portant sur les actions prioritaires du gouvernement, l’exécutif s’est dans le même temps mis en quête de financements pour sa mise en œuvre. Ainsi, outre celui attendu, du Fonds monétaire international (FMI), l’exécutif gabonais entend également séduire les investisseurs régionaux notamment ceux du Cameroun voisin, très actifs ces dernières années, pour appuyer ce nouveau programme triennal. 

En effet, bien loin des 320 milliards de FCFA initialement prévus dans la Loi de finances et annoncés par la délégation présente récemment à Douala, l’exécutif gabonais entend désormais lever la bagatelle de 885 milliards de FCFA sur le marché monétaire en 2021. Une somme très proche des 1081 milliards de FCFA de tirages sur financements extérieurs sollicités au cours de l’ensemble de l’exercice précédent, et qui ont un peu plus creusé le stock de dette publique.

Déjà en hausse de 245,3% à 223,1 milliards de FCFA à fin septembre 2020, les tirages issus du marché financier régional qui constituent plus de 11% du stock de la dette publique gabonaise, devraient donc connaître une nouvelle flambée. Toute chose rendant quasiment impossible l’ambition du gouvernement de faire passer le ratio dette/PIB de 72 à 50% à moyen terme. D’autant plus que face au risque de défaut de paiement, les investisseurs devraient rehausser les taux d’intérêt. 

Dans un contexte où l’on ignore encore quel pourrait être le dénouement de ce PAT censé « accélérer la transition vers l’après-pétrole de notre économie en définissant de nouveaux moteurs de croissance et en repensant le modèle social » après les échecs successifs du PSGE et du PRE, force est de constater que celui-ci s’avère déjà très onéreux. Reste désormais à savoir, s’il permettra au moins « d’améliorer le quotidien des populations et placer le Gabon sur la trajectoire d’un développement plus vigoureux et harmonieux ».

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Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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