Gabon: «plus de 70% du budget de l’Etat n’est pas exécuté»

Le projet de loi de finances (PLF) 2019 adopté sous la responsabilité du Sénat le 31 décembre 2018, n’a vraisemblablement pas fini de faire grincer des dents. Alors que la société civile avait déjà soulevé certaines inquiétudes, c’est cette fois le vénérable sénateur Hugues Bessaques, qui a mis à mal le PLF 2019, soulignant que depuis trois ans « plus de 70% du budget de l’Etat n’est pas exécuté ».

N’ayant aucunement fait l’objet d’une conférence budgétaire en dépit des nombreuses recommandations, le projet de loi de finances 2019, s’il a été adopté ce 31 décembre 2018, demeure un mystère. Censé présenter les recettes et les dépenses de l’État, fixer le cap pour le nouvel exercice, et bien sûr répartir les budgets par objectifs, le PLF n’est aujourd’hui qu’une « banale » formalité pour le gouvernement.

En effet, adopté à plus de 3000 milliards de Fcfa par le Sénat en l’absence totale de transparence, et sur fond d’interrogations multiples, ce budget préoccupe au plus haut point. D’ailleurs, selon Hugues Bessaques « certains ministres se demandent comment les budgets leurs sont alloués ». Prenant le cas du ministère de la Santé, qui « n’a engagé que 15% de son budget », le sénateur du CLR s’interroge.

En analysant le budget, plusieurs questions restent donc en suspens. « Dans quel système de gestion sommesnous? Budget par objectifs de programmes, ou par objectifs de moyens ?». Au regard des informations financières dont il dispose, le réformateur affirme donc que « plus de 70% du budget de l’Etat  n’est pas exécuté », ce qui représente un peu plus de 6300 milliards de Fcfa en seulement trois ans volatilisés.

Avec des budgets « inscrits mais jamais exécutés », des départements ministériels en perdition, une dette publique frôlant les 60%, l’économie gabonaise subit les affres d’une gestion peu orthodoxe. En refusant de prendre ses responsabilités, le gouvernement livre en pâture l’avenir du pays, en oubliant que « lorsqu’on vous donne le droit de gérer les hommes, ce n’est pas un droit à leur maltraitance qu’on vous donne ».

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