Gabon: plus de 400 plaintes de victimes de spoliation

© D.R

A laures de la journée internationale de la veuve, et huit ans après l’adoption dans notre pays, des textes de loi en faveur des veuves, force est de constater le nombre grandissant des conjoints survivants, en particulier des femmes, aujourd’hui encore victimes de spoliation au Gabon. Selon le Ministère en charge de la prévoyance, plus de 400 plaintes de victimes de spoliation ont été enregistrés pour la seule commune de Libreville, et bien nombreuses sont celles qui se taisent encore, par pudeur ou par honte.

La persistance du phénomène de spoliation des veuves au Gabon est devenue une véritable problématique qui n’a de cesse de gangrener notre société, entraînant ainsi une forme d’exclusion sociale et des violences basées sur le genre. Selon une étude menée par le service du ministère de la prévoyance sociale, il en ressort que près de 46,6% des veuves présentes à l’intérieur du pays, jugent les pratiques du veuvage violente.

Lors d’une conférence destinée à dresser un bilan de la situation de ces femmes, d’apprécier le problème dans toute sa complexité, de le considérer avec un regard neuf, mais aiguisé par ces années d’avancées et de blocages, la première dame du Gabon n’a pas manqué de donner le ton. « Ensemble, nous pouvons porter la cause de cette majorité silencieuse, encore dépossédée et spoliée, pour faire fléchir les pesanteurs sociales, souvent partisanes, qui continuent de plonger ces femmes et leurs enfants dans un état de précarité », a déclaré le mercredi 20 juin 2018 dernier, Sylvia Bongo Ondimba.

Il nous souvient en effet qu’en 2015 dernier, lors d’une commission mixte paritaire, le Sénat avait adopté la 2ème partie du code civil sur les successions au Gabon. Notamment le renforcement des droits du conjoint survivant, celui des pouvoirs des officiers de police judiciaire, la pénalisation de certains actes de violence perpétrés contre la veuve, sans oublier, la réorganisation du conseil de famille en conseil successoral.

Autant de mesures mise en place pour la protection de la veuve et de l’orphelin dans notre pays, mais qui malheureusement ne semblent pas être appliqués ou tout simplement sont encore méconnues par les victimes de spoliation. Surtout lorsque l’on sait qu’en 2014, il a été identifié à Libreville, près de 1006 conjoints survivants et orphelins, contre 1155 en 2015, et que seules 400 plaintes issues de veuves victimes de spoliation ont été enregistrés.    

«Ensemble continuons ce noble combat. Renouons avec les valeurs fondatrices de nos traditions. Et tirons profit de ce que peut offrir la modernité positive afin de préserver la cellule familiale, avec tous ses membres. Sans exclusion aucune. Afin de construire une société saine et stable», a conclu la première dame lors de son intervention au cours de la conférence débat du mercredi 20 juin dernier à l’auditorium de l’école internationale Ruban Vert.

Laissez votre commentaire