dimanche,28 novembre 2021
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Gabon: plus de 3600 milliards de masse salariale entre 2015 et 2018

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C’est ce qui s’appelle un train de vie dispendieux. Alors que la crise économique de 2008 couplée à la crise pétrolière de 2016, avait révélé les failles dans la gestion et le modèle économique gabonais, il semblerait que l’exécutif n’ait pas répondu à la sonnette, loin s’en faut. Malgré l’accord élargi de 642 millions de dollars au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) conclu avec le FMI en juin 2017 et pour lequel le Gabon s’était engagé à des réformes concrètes, la crise économique actuelle révèle l’inertie du gouvernement.

Dans un contexte où le pays doit faire face à la pire crise économique de son histoire avec des recettes budgétaires amputées d’au moins 700 milliards de FCFA en 2020 comme le révèlent les prévisions les plus optimistes, le train de vie dispendieux de l’Etat apparaît comme un véritable frein à la relance de l’économie. Et pour cause, les dépenses budgétaires majoritairement celles de fonctionnement, semblent plus que jamais déraisonnables.

En effet, pour le seul exercice 2019, ce sont pas moins de 1 895 milliards de FCFA qui ont été exécutés au titre des dépenses budgétaires (1670,1 milliards de FCFA en excluant les intérêts de la dette publique) dont 688,9 milliards de FCFA pour la masse salariale de l’Etat comme le révèle la note de conjoncture à fin décembre. Une somme rondelette en total désaccord avec la réalité économique d’un pays qui doit pourtant « sacraliser » l’investissement public.

Mieux, si l’on retrace le parcours des dépenses de personnel sur les cinq dernières années, ce sont pas moins de 3676 milliards de FCFA qui ont été dégagés, soit bien plus que le budget annuel pour l’exercice 2020 (3330 milliards de FCFA). Une somme qui s’explique par la pléthore des effectifs d’un emploi public qui peine pourtant à offrir un service de qualité suffisante pour satisfaire les populations. 

Cette situation contradictoire qui souligne les « dérapages budgétaires substantiels » pointés du doigt par le FMI, révèle l’inertie d’un gouvernement qui pourtant multiplie les appels à la « discipline budgétaire » et à « l’austérité ». Face à une crise qui devrait s’accentuer au regard du contexte pétrolier actuel, il apparaît plus que nécessaire de prendre des décisions fortes pour éviter la banqueroute.

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Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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