Gabon: les Placements ou la prostitution à l’heure du numérique

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A l’heure où la dépravation des moeurs atteint son paroxysme, le plus vieux métier du monde à de beaux jours devant lui au Gabon. Le phénomène a pris de l’ampleur ces derniers temps avec la montée en puissance des réseaux sociaux. Facebook et Whatsapp sont des plateformes qui facilitent la mise en relation, le règlement et la vulgarisation de cette pratique qui s’installe et se développe au nez et à la barbe des autorités judiciaires et politiques. Comment ça marche, qui sont les clients et qu’est-ce qui justifie sa prolifération? Enquête !

Le placement est une nouvelle forme de proxénétisme qui gagne du terrain dans les principales villes du pays à forte activité économique que sont Libreville, Port-Gentil, Franceville, Moanda, Oyem, Bitam et Lambaréné. Ce phénomène a comme plateforme promotionnelle, les réseaux sociaux les plus prisés par les internautes gabonais à savoir, Facebook et Whatsapp.

Les principaux profils de ces nouveaux acteurs de la prostitution à l’heure du numérique sont notamment, Bise placement, Vision placement, Placement homme, Placements placements, Priscilia placement, Placement Pog, Place Ment, Sammy Placement, Vierge Placement, Gaboma Laplaceuse, Placement Lbv Pog Fcv… Des noms très évocateurs des services proposés par ces proxénètes 2.0 capables de mettre à disposition des partenaires sexuels quelle que soit leur orientation.

Comment ça marche ?

Il faut commencer par prendre contact avec une placeuse généralement en ligne via Facebook. Une demande d’amie, une acceptation et dès les premiers échanges,  évoquer le sujet: solliciter des services sexuelles contre rémunération et préciser la ville et/ou le quartier pour être mis en contact avec une fille de son réseau via Whatsapp.

La placeuse, qui tient un catalogue vous demande alors ce que vous voulez comme service. Il peut s’agir d’une relation avec un homme ou une femme et même à plusieurs. Une fois que vous faites votre choix, elle poursuit ses propositions. Les filles sont classées par catégorie selon leur beauté, leur âge et leurs prouesses sexuelles. Les montants varient également d’une catégorie à une autre.

L’une d’elle que nous avons contactée dans le cadre de cette enquête explique comment il faut procéder. Un montant déterminé par la placeuse est envoyé par transfert d’argent mobile, généralement les 10% du service demandé. Ensuite vous recevez par whatsapp une série de photos et des tarifs selon les catégories.  « Catégories n°2: 50 000 Fcfa le coup d’une heure (une éjaculation, NDLR), 100 000 Fcfa avec sodomie, 120 000 Fcfa pour la nuit et 200 000 Fcfa pour la nuit avec sodomie. Catégories n°1: 30 000 Fcfa le coup d’une heure (une éjaculation, NDLR), 60 000 Fcfa avec la sodomie, 80 000 Fcfa pour la nuit et 100 000 Fcfa pour la nuit avec sodomie », renseigne-t-elle d’un air de femme d’affaires.

Qui sont les clients

Les clients de ces prostituées 2.0 sont de toutes les classes sociales, hommes d’affaires, hommes politiques, artistes, cadres de banque, salariés, simples agents ou chômeurs. A condition pour eux de pouvoir s’acquitter du montant exigé par la personne placée qui peut être une femme ou un homme.

La mise en relation et le règlement

Après l’accord sur le prix, la placeuse demande à la fille choisie de vous contacter. Généralement vous évoquez le lieu de rencontre, le prix ayant été fixé par la placeuse elle-même. Elle peut demander à venir vers vous ou vous vous rencontrer dans un endroit de votre choix, un motel, un hôtel, à votre domicile ou dans un lieu public.

Une fois la prestation terminée, le client effectue le règlement en espèce ou via paiement mobile sans remise de facture donc sans traçabilité. La fille devra ensuite régler la commission de la Placeuse selon les conditions fixées entre elles.

Les services de ces prostituées âgées de 17 à 40 ans venant généralement de toutes les classes sociales pourront êtres sollicités à nouveau sans passer par la placeuse préalablement contactée. « J’ai 17 ans, je suis en Terminale dans un lycée de la place et j’aime faire l’amour. Je gagne de l’argent en me faisant plaisir. En fait pour moi, ce n’est pas de la prostitution. Je peux avoir des rapports sexuels quatre à cinq fois par jour et à chaque fois ressentir le même plaisir », confie une des «placées» qui explique que certaines d’entre elles plus célèbres constituées en groupe s’envolent même vers d’autres cieux pour monnayer leurs services.  

Cette prostitution 2.0 qui passe pour un effet de mode, vient s’ajouter à celle qui est déjà pratiquée par d’autres filles le soir sur certaines artères de Libreville tels qu’aux abords du Conseil économique, social et environnemental, à Louis, à Lalala à Droite et à proximité de l’immeuble Rénovation…

Gagnés par l’argent facile, ces jeunes principalement des filles s’adonnent à cette prostitution sans que leurs proches ne le sachent. Certaines sont nanties, d’autres démunies. Ce qui laisse penser que les motivations ne sont pas seulement d’ordre pécuniaire. Quoi qu’il en soit, les protagonistes s’exposent aux maladies sexuellement transmissibles et aux agressions sexuelles et physiques.

A l’heure où le pays s’apprête à renouveler son assemblée nationale cette prostitution 2.0 qui ne semble choquer que très peu de personnes devrait faire partie du débat politique, pour discuter de comment l’endiguer.

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