Gabon: le PDG pour le débat démocratique au sein de l’hémicycle?

Eric Dodo Bounguendza, SG du PDG © D.R

C’est la voie que proposent les membres du Parti démocratique gabonais (PDG), en tête desquels le secrétaire général Eric Dodo Bounguendza et l’appel d’une frange de l’opposition. Dès l’ouverture de la première session ordinaire de la XIIIème législature de l’Assemblée nationale, présidée par Faustin Boukoubi, le PDG a promis de donner au peuple la place qu’il mérite en démocratisant l’hémicycle.



Le débat démocratique et contradictoire s’invitera enfin à l’Assemblée Nationale. C’est en tout cas ce que pensent les membres du Parti démocratique gabonais (PDG) et ce que souhaite l’opposition. En effet, dans une lettre adressée aux membres du parti siégeant à l’Assemblée nationale, Dodo Bounguendza leur a rappelé leur responsabilité devant le peuple, tout en précisant que le PDG est un parti démocratique. « En tant que Parti majoritaire, nous ne craignons pas que le fait majoritaire occulte le vrai débat démocratique au niveau de cette chambre du Parlement », a déclaré le SG à ses camarades.

Parmi les nouveaux élus, nombreux semblent prôner les exigences démocratiques. Si leur mission première est de voter des lois et d’exercer le contrôle de l’action gouvernementale, leur rôle le plus absolu sera de participer à la gouvernance de notre pays et lutter contre toutes les formes de précarités. Tony Ondo Mba, député du Rassemblement pour la restauration des valeurs (RV), parti de la majorité présidentielle, espère que la première Chambre du Parlement jouera pleinement son rôle. « Nous ne voulons pas d’une chambre d’enregistrement. Nous voulons être une force de proposition », a-t-il confié à nos confrères de L’Union.

Même son de cloche du côté de l’opposition où les élus espèrent que la majorité accepte de jouer le jeu démocratique en prenant en compte les propositions des opposants dans l’intérêt du Gabon. C’est le cas du leader du parti Les démocrates qui compte huit députés, Guy Nzouba Ndama, qui a émis le voeu que « les idées avancées par les députés se réclamant de l’opposition ne doivent pas être rejetées du revers de la main ». Idem pour maxime Minault Zima Ebeyard, secrétaire exécutif de l’Union nationale qui compte un élu, qui pense que le député est représentant du peuple et doit agir dans son seul intérêt.

Parti majoritaire à l’Assemblée nationale, le PDG veut faire bonne figure. Cependant, l’on pourrait se demander ce qui a changé pour que le parti de masse accepte enfin le débat contradictoire en son sein et à l’Assemblée nationale, quand on sait qu’il n’y a pas si longtemps des cadres du parti ayant osé contester la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba en 2015, ont dû démissionner et créer leur propre parti devenu Héritage et Modernité. La crise post-électorale issue de la présidentielle de 2016 aurait-elle donné des idées aux tenants du pouvoir ? Wait and see.

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