samedi,28 novembre 2020
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Gabon : Patrichi Tanasa victime d’agression sexuelle et de tortures

Maître Anges Kévin Nzigou s’est exprimé dans l’après-midi de ce mercredi 29 janvier 2020, par le biais d’une conférence de presse, tenue à son cabinet sis à la Sablière, dans le premier arrondissement de Libreville. Il s’est agi de dénoncer une situation d’une gravité particulière subie par son client Christian Patrichi Tanasa Mbadinga au bagne par des agents de la sécurité pénitentiaire. Selon cet avocat au barreau du Gabon, l’ancien administrateur directeur général de Gabon oil company (GOC) aurait été victime d’agression sexuelle et d’actes de torture qui mettent clairement en danger sa vie. 

Depuis l’incarcération à « Sans famille » de Brice Laccruche Alihanga et des BLA-Boys, le champ lexical de la violence, des tortures et d’actes déshumanisants est revenu avec insistance dans les communications des avocats et conseils des différents clients. A telle enseigne que même le barreau du Gabon s’en est insurgé et a condamné ces actes qui n’honorent pas la justice gabonaise. 

Il semblerait que ces levées de boucliers n’aient eu aucun échos auprès des geôliers de l’intime du président de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev ) Brice Laccruche Alihanga. Selon l’avocat Anges Kévin Nzigou, Christian Patrichi Tanasa « a été victime d’agression sexuelle » ce week-end dans sa cellule d’isolement à la prison centrale de Libreville. 

« Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 janvier 2020, aux environs de 2h du matin, trois hommes cagoulés, portant des uniformes de la sécurité pénitentiaire (clairement des tenues de camouflage) se sont introduits dans la cellule d’isolement de Monsieur Patrichi Christian Tanasa. Après lui avoir demandé de se déshabiller intégralement, ils l’ont ligoté mains derrière le dos. Ils lui ont demandé de se coucher à plat ventre, les jambes écartées. Saisi à chacune des jambes par un agent, il recevait des coups dans les testicules, administrés par le 3ème agent à l’aide d’une épaisse corde nouée à son extrémité », a indiqué Anges Kevin Nzigou.

Ces traitements violents et foncièrement déshumanisants portent atteinte aux principes fondamentaux nés de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC), lesquels  placent le respect de la dignité humaine au cœur de ses prérogatives sont révélateurs de l’idée de justice et du respect des droits des prisonniers en République gabonaise. 

Par de tels agissements, si les faits présentés par l’avocat sont fondés, le Gabon viole insidieusement une charte dont il a adopté et consacré les principes, ce qui plus est, pour des personnes en détention préventive, qui jouissent donc  à ce jour, de la présomption d’innocence. Les BLA-Boys sont-ils condamnés d’avance sans quelque forme de procès ? Veulent-ils obtenir coûte que coûte des aveux au prix des méthodes peu orthodoxes ? Les avocats, la famille et les proches s’interrogent. 

Après avoir infligé des tortures physiques à Christian Patrichi Tanasa Mbadinga, les geôliers en bon tortionnaires « lui ont fortement déconseillé de dire quoi que ce soit à son avocat, sinon ils reviendraient pour une mise à mort », tout en précisant qu’ils « violeraient sa femme et tueraient tous ses enfants si cette affaire se savait ». Des menaces extrêmement graves et des tortures à la fois physiques et morales qui chaque jour affaiblissent les détenus et les exposent à un péril certain. 

Des actes qui peuvent être corroborés  par une dizaine de détenus, les voisins de la victime qui soutiennent avoir entendu les cris de douleur de Christian Patrichi Tanasa Mbadinga au moment où il subissait ces atroces sévices, précise Me Anges Kevin Nzigou. 

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