mardi,1 décembre 2020
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Gabon: Ondo Edou suggère une conférence de presse d’Ali Bongo pour clore le débat

Le débat sur la capacité du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba à assurer la plénitude de ses charges est loin d’être clos, malgré les apparitions désormais furtives de ce dernier et les assurances de certains hauts responsables de la présidence de la République. Dans une publication sur son compte Facebook, le vice-president de l’Union nationale, François Ondo Edou s’interroge longuement sur les intrigues et autres incertitudes qui ont actuellement cours au sommet de l’Etat, estimant qu’il est temps de dire la vérité au peuple gabonais.  Nous publions in extenso ledit texte.

 » Que nous cache-t-on?

L’Iguane, reptile saurien d’Afrique et des Caraïbes a ceci de commun avec l’autruche, oiseau  d’Afrique et du Proche-Orient qu’il leur suffit de cacher la tête dans les fougères ou le sable pour qu’ils se croient à l’abri des chasseurs et autres prédateurs. Il en est de même pour le système Bongo PDG qui croit arrêter les soupçons qui pèsent sur la capacité d’Ali Bongo à assurer les lourdes charges de l’État depuis son AVC du 24 octobre 2018 à Ryad.

N’en déplaise à ces griots de service de « L’Union » qui publient ce matin un papier qui tombe sous le sens. Non, mon cher confrère ! Les Gabonais ne sont pas tous naïfs ! Il y a, parmi eux, ceux qui savent se poser les questions essentielles. Ceux qui savent analyser les faits et gestes. Ce ne sont ni les tweets rédigés à la sauvette, ni les papiers sur ordre reçu du « haut lieu »  destinés à rassurer l’opinion sur la présence du chef de l’État à Libreville, au lendemain de la publication par Jeune Afrique d’informations sur le séjour d’Ali Bongo à Londres qui peuvent tromper ces Gabonais avertis.

Généralement, quand le palais du bord de mer veut  passer une information, d’importance, cela se fait par le canal de « Jeune Afrique » ou « La Lettre du Continent ». Les confrères de l’hexagone ou ceux des autres pays du Nord, les diplomates accrédités au Gabon et tous les observateurs de la vie politique gabonaise, savent que ce sont des « sources autorisées ». Omar Bongo a dit une chose fondamentale : « le Gabon est comme une maison de verre. De l’extérieur on observe ce qui se passe à l’intérieur. » Oui, le quotidien gouvernemental note bien que  » le contexte socio-politique est ponctué de débats oiseux autour du pouvoir, de ragots, mensonges relayés par les réseaux sociaux et autres opposants ».

Mais à l’opposé, que servent les médias de service public à l’opinion, aux citoyens  qui ont le droit de savoir ce que devient la première Institution de notre pays. Si nous sommes dans un Etat de droit comme  l’affirment les tenants du pouvoir, ils ont le Devoir d’apporter une réponse claire et précise à cette interrogation. A l’opposition où je me situe, nous ne souhaitons ni la mort du président de la République ni son incapacité à assumer les charges liées à sa fonction. Nous sommes pour le respect de la Constitution et c’est notre rôle.

Nous disons cependant – et c’est une hypothèse prévue par la loi fondamentale – que le pays ne saurait fonctionner au ralenti tout simplement parce qu’un groupe d’individus veut conserver le pouvoir. Quel Gabonais sérieux peut affirmer à l’instar du quotidien gouvernemental de ce mardi 30 avril 2019, que toutes les instances décisionnelles de notre pays ont continué à exercer la plénitude de leurs pouvoirs respectifs ? Grossier mensonge !  A chacune des sorties de l’opposition ou de la société civile depuis l’AVC du chef de l’État, la régence et tous les autres défenseurs du régime ont tenté, avec des fortunes diverses, d’apporter la preuve qu’Ali Bongo est encore vivant. C’est ce qui explique le mémorable discours à la Nation de moins de 3 minutes du 31 décembre 2018; la prestation de serment à huis clos à laquelle aucun journaliste n’a pris part; le conseil des ministres nouvelle version; le confinement des ministres de la République dans une salle, empêchés de saluer leur chef à l’aéroport de Libreville le jour de son retour du Maroc.

Il s’est produit des événements majeurs depuis le 24 octobre 2018. Le pouvoir d’Ali Bongo a même été ébranlé par une tentative de coup d’État.Aucun d’entre eux ne semble avoir retenu l’attention du président de la République qui a pourtant juré de « consacrer toutes ses forces au bien du Peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’État de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de sa charge et d’être juste envers tous. »

En exigeant les preuves irréfutables sur la capacité du président de la République à assumer pleinement les charges liées à sa fonction, le citoyen, l’opposition et la société civile jouent parfaitement le rôle à eux dévolu dans une démocratie. Ils sont loin d’être ces « oiseaux de mauvais augure » dont parle le griot de service. Chaque jour qui passe, à des niveaux divers, ces citoyens exigent que la preuve de la capacité physique et intellectuelle du président de la République à assurer les charges liées à sa fonction leur soit apportée.

Ce ne sont pas les images diffusées depuis fin décembre 2018 – les technologies du moment peuvent les fabriquer, les trafiquer, notamment  les masques au silicone – qui mettront fin à ce débat. Non ! C’est une fuite en avant ! Les Gabonais veulent un contact direct avec le président de la République. Cela peut se faire par le truchement d’une conférence de presse d’Ali Bongo à laquelle prendraient part des journalistes gabonais et étrangers. Ils pourront, à l’occasion évoquer avec lui , les questions liées à la crise politique, économique et sociale.

A la réunion de l’hôtel Nomade, les partenaires sociaux invités à un dialogue ont clairement dit au Premier ministre qu’ils ne peuvent en discuter qu’en présence du chef de l’État. Peut-on clore le débat sans  apporter une réponse à cette exigence ? Si Ali Bongo ou ses proches se contentent toujours de simples images, ce serait la meilleure manière de prouver qu’il y a effectivement un problème majeur. Cela expliquerait automatiquement les différentes sorties du DC d’Ali Bongo aux allures de pré-campagne, la proposition de modification de la Constitution faite par le président du Conseil Économique Social et Environnemental, René Ndemezo’Obiang dont la sortie sur cette question ne se justifie pas, à moins qu’il ne détienne des informations sûres sur l’état de santé réel du chef de l’État. Mais dans une « maison de verre » et à l’heure des nouvelles technologies de l’information, on ne peut cacher la vérité bien longtemps, c’est comme cet  iguane qui se croit à l’abri des regards alors que tous les passants voient bien sa queue.

François Ondo Edou

Vice président de l’Union Nationale.  » 

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