Gabon: Ndong Sima condamne l’usage d’armes à feu par les policiers sur des élèves

Raymond Ndong Sima © GMT

Depuis l’annonce officielle par le gouvernement des nouvelles modalités d’attribution des bourses, il ne se passe pas une journée sans une marche de contestation des élèves à travers tout le pays. Face à des élèves déterminés, le gouvernement a opposé la force et les dérapages des forces de l’ordre en pareille situation sont inévitables. C’est en constatant la violence policière de trop de ce matin au PK8 que l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima s’est insurgé, tout en condamnant ces actes attentatoires aux libertés de ces citoyens.

Placés dans les grands carrefours de la capitale pour veiller au respect de l’ordre public, les policiers ont choisi de sévir. En effet, les images et vidéos prises çà et là montrent la police faisant un  usage immodéré de gaz lacrymogènes et même de tirs à balles réelles. Ce fut le cas encore ce matin au niveau de la gare du Pk8 où le brouillard régnait car les lacrymogènes ont abondamment été lancées sans tenir compte du fait qu’il s’agit d’une zone de marché où sont présents des commerçants, des travailleurs d’autres corps de métiers, des voyageurs juste venus emprunter des bus pour aller à l’intérieur du pays et des élèves venus des établissements environnants.

Témoin de ces tristes évènements, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima a décrit l’horreur et son étonnement de l’usage des armes à point par la police. « Dans la bretelle qui monte derrière mes bâtiments où de nombreux élèves se sont repliés, la police les a poursuivis. Voulant sans doute se saisir de celui qui semblait haranguer les autres, ils se sont engagés au milieu des élèves lesquels, voyant qu’un des leurs était pris, se sont rués pour le récupérer. C’est pour se dégager à leur tour dans leur fuite que des policiers en civil ont fait usage de leurs armes à point à plusieurs reprises. En effet, deux d’entre eux ont sorti et fait usage de leurs armes de poing et tiré certes en l’air mais clairement en direction des élèves », a-t-il déclaré outré.

Poursuivant sa description des faits, le patron de l’agence de voyages situé en tout début du Pk8 a déploré le comportement des policiers. «  Il s’agissait d’une manoeuvre aussi inutile que risquée parce que susceptible de déraper sérieusement. En tirant tout en reculant, la direction de ces armes aurait pu être la tête ou le corps de l’un de ces élèves », a-t-il déploré. Dans le même temps, il s’est interrogé sur la nécessité des agents des forces de sécurité de faire usage de leurs armes dans un tel contexte. Pour couvrir leur bavure, ils ont  entrepris d’arracher les téléphones à ceux qui étaient témoins et filmaient la scène », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, ce dernier s’est interrogé sur le bien-fondé de ces opérations dites de “maintien de l’ordre” aux techniques peu orthodoxes.  « Si le maintien de l’ordre était réglementaire et se déroulait conformément aux prescriptions, pourquoi cacher le film des opérations qui devrait montrer le professionnalisme des intervenants ? Quelle loi interdit de filmer les opérations de maintien de l’ordre et autorise des policiers à arracher les téléphones à des citoyens témoins ? De tels agissements ne sont pas acceptables », a-t-il conclu

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